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Hypermilitarisation.
Kivu : une bombe à retardement
(Le Potentiel 22/07/2008)
Le
constat établi par Human Rights Watch est formel : «
L’accord de paix de Goma n’a pas mis fin aux meurtres de civils.»
Et pourtant, selon des sources concordantes, il existe
actuellement 120.000 hommes armés ;
FARDC et autres groupes armés toutes tendances confondues. Un
nombre impressionnant qui fait craindre le pire : l’hypermilitarisation
des deux provinces du Kivu est une véritable bombe à
retardement. Serait-ce voulu ?...
Les provinces du Nord et du Sud-Kivu demeurent toujours le ventre mou
de la République démocratique du Congo. La situation y
est toujours préoccupante, nonobstant les efforts
déployés jusqu’ici. Bien sûr qu’il y a eu cette
lueur d’espoir avec la Conférence de Goma pour la paix, la
sécurité et le développement des provinces du Nord
et Sud-Kivu. Il s’en est suivi des actes d’engagement signés par
toutes les parties et la mise sur pied du « Programme Amani
».
Malheureusement, les choses traînent. L’on continue à
courir après une paix et une sécurité toujours
insaisissables. Sur le terrain, la situation est dramatique. Le Haut commissariat de
réfugiés a recensé 1.300.00 réfugiés
internes. A vue d’image ou à vol d’oiseau, le spectacle est
effrayant avec tous ces camps d’infortune.
Déjà, la semaine dernière, en l’espace d’un mois,
l’envoyé spécial de l’Union européenne dans la
région des Grands Lacs, Roland van de Geer, le
représentant du secrétaire général de l’Onu
et chargé de la Monuc, se sont entretenus avec le ministre
d’Etat de l’Intérieur, le général Denis Kalume au
sujet de cette situation du Kivu avec le fonctionnement du Programme
Amani. Auparavant, ils avaient eu des entretiens avec le
président de la République sur la même question.
Mais, c’est le rapport de Human Rights Watch qui rejoint les
préoccupations et les inquiétudes de plusieurs
observateurs, tant nationaux qu’internationaux, sur cette situation
particulière au Kivu. Ce
rapport publié hier lundi 21 juillet à Bruxelles est
alarmant et interpellateur à la fois : « Six mois
après l’Accord de Goma, meurtres, viols et pillages se
poursuivent. L’accord n’a pas mis fin aux meurtres de civils. Selon des
informations plus de 200 meurtres de civils et le viol de centaines de
femmes commis depuis janvier par tous les groupes armés, y
compris le soldats de l’armée congolaise. Six mois après
la signature de l’accord de paix, la situation des droits humains n’a
connu aucune amélioration et en fait dans certaines zones, elle
s’est détériorée. Alors que les parties à
l’accord de paix assistent aux négociations, leurs troupes
continuent de tuer, de violer et de piller les civils ».
HYPERMILITARISATION
Comme le souligne cet extrait du rapport de Human Richts Watch, le vrai
danger au Kivu, ce sont les groupes armés, sans oublier les
FARDC épinglées à chaque publication du rapport de
la Monuc. Selon certaines estimations, les FARDC disposent dans les
deux Kivu de plus de 13 brigades avec au total plus de 40.000 soldats.
Quant aux groupes armés présents sur le terrain, à
savoir CNDP, PARECO, Maï-Maï Mongols, FR, FDLR… et nous en
passons, il y en aurait 22 dans les deux Kivu qui affichent un total de
plus de 50.000 éléments armés. S’il faudra prendre
également en compte les éléments de la Police
nationale, les deux Kivu totalisent, selon des estimations, 120.000
hommes armés.
A ce nombre, il faudrait bien ajouter le contingent de la Monuc avec
près de 10.000 casques bleus. C’est quasiment l’effectif d’une
armée nationale d’un pays aux dimensions de celles de la
République démocratique du Congo.
Le problème est de savoir gérer tous ces militaires dans
une région qui doit sortir absolument d’une situation de guerre
complexe. Tout le problème est là.
La première des choses, c’est que toutes les parties devraient
s’en tenir à l’Acte d’engagement pour éviter des
violations sans cesse du cessez-le-feu. Ensuite,
accélérer le processus DDRRR, l’exécution vite et
bien du Programme Amani pour que le brassage soit effectif.
Malheureusement, ce brassage se fait au compte-gouttes, les
belligérants n’ayant vraiment pas le coeur à l’ouvrage.
Certainement qu’il existerait de agendas cachés, si pas cette
méfiance qui continue à s’ériger en obstacle pour
conduire le processus politique vers l’impasse. Pour preuve, à
plusieurs reprises le CNDP de Laurent Nkunda et les FR ont
quitté la table des travaux pour diverses raisons.
Or, tant que le brassage traîne, tous les groupes armés
constituent de véritables dangers, de vraies bombes à
retardement. Il en est de même de l’encadrement efficace des
éléments des FARDC. S’ils continuent à vivre sur
le dos des populations, les violences se poursuivront ainsi que les
meurtres.
ELECTIONS 2011 : HYPOTHETIQUES
La grande interrogation est celle de savoir si dans trois ans, l’on
aura bouclé le processus de brassage et de DDRRR afin de
disposer d’une armée intégrée et en finir avec la
question des groupes armés. Notamment la démobilisation
et le rapatriement des Interahamwe, ces rebelles rwandais qui collent
à la peau des populations congolaises. On le doute fort, et ce
pour plusieurs raisons.
D’emblée, il faut retenir que la situation au Kivu est complexe.
Il s’agit d’une affaire de gros sous où plusieurs
intérêts et enjeux s’entrecroisent. La plupart de ces
groupes armés, nationaux et étrangers, trouvent leurs
comptes dans cette situation de guerre. Ils exploitent
illégalement des minerais pour constituer des «
économies de guerre » et administrent des grands espaces
qui leur permettent de mettre sur pied des « administrations
parallèles, en prenant le contrôle des frontières
déjà poreuses. Ajouter à cela des causes
exogènes qui profitent à certains Etats parias. Si ces
différentes zones échappent à la maîtrise du
gouvernement central, l’on ne réussira pas le brassage.
Si par aventure politique cette hypothèse s’affirmait, il va de
soi que les élections de 2011 sont déjà
hypothéquées. On ne peut recenser et amener des
populations dans des conditions d’insécurité.
Outre
cette éventualité qui n’est pas à écarter,
le spectre de la partition, de la balkanisation demeure. Des zones
entières continuent à échapper au contrôle
du pouvoir central installé à Kinshasa, on risque
d’appliquer à la RDC le schéma du Kosovo. Cette
idée hante toujours les vrais commanditaires des guerres
d’agression contre la RDC. D’où la question importante de savoir
si cette situation préoccupante au Kivu, cette «
hypermilitarisation » n’est pas voulue par certains «
groupes » qui trouvent leurs comptes pour que cette « bombe
» à retardement explose, un jour ou l’autre.
Par Le Potentiel
©
Copyright
Le Potentiel
Réglementation
des
mouvements des populations congolaise et étrangère dans
la ville de Lubumbashi :
Rébellion
contre la Constitution et les lois de la République ?
L’avocat Mukadi Bonyi. Photo CIC.
1. Le 21 mai 2008, le Maire
de la ville de Lubumbashi a signé deux arrêtés :
l’arrêté
urbain n° 16/BUR-MAIRE/VILLE/L’SHI/2008 portant
réglementation de la population
étrangère dans la ville de Lubumbashi et
l’arrêté
urbain n° 017/ BUR-MAIRE/VILLE/L’SHI/2008 portant
réglementation du mouvement de la population
congolaise dans la ville de Lubumbashi.
2. Les textes ci-dessus ne semblent pas avoir entraîné une
quelconque réaction de la part tant des autorités
politiques du pouvoir central que du gouverneur de la province du
Katanga. En attendant cette réaction ou pour encourager les
autorités compétentes à prendre leurs
responsabilités, j’exposerai brièvement le contenu de
deux arrêtés urbains (I) avant de démontrer en quoi
ils constituent une rébellion contre la Constitution et les lois
de la République (II).
I. Contenu des arrêtés urbains du 21 mai 2008
A. Mouvement de la population congolaise
3. La ratio legis de
l’arrêté urbain n° 17 se résume comme suit :
« la migration de la population observée dans la ville de
Lubumbashi est susceptible d’avoir des conséquences sur le plan
sécuritaire, administratif et socio-économique ».
D’où « la nécessité de réglementer
efficacement tout séjour des visiteurs dans la ville de
Lubumbashi, notamment par la maîtrise des effectifs, le
contrôle des mouvements et autres faits socio
démographiques ».
4. Tenant compte de cette « nécessité et de
l’urgence », le Maire de la ville arrête :
1° l’obligation pour tout nouveau
venu dans la ville de « signaler » son séjour
auprès du bureau de la population de la commune de
résidence endéans trois jours. Cette déclaration
est constatée par une « attestation de séjour
» (art. 1er) ;
2° l’attestation de
séjour mentionnant l’identité complète du visiteur
et de la famille d’accueil, le lieu de provenance, la durée et
le motif du séjour, la date d’arrivée et de retour (art.
2) ;
3° la limitation du
séjour à un mois et l’obligation subséquente de
solliciter une autorisation préalable de l’Autorité
municipale concernée pour toute prolongation allant
au-delà d’un mois (art. 3) ;
4° la prolongation
subordonnée à la justification des moyens de subsistance
par l’intéressé et ou par la famille d’accueil (art. 4) ;
5° l’interdiction de séjour pour les enfants mineurs non
accompagnés. Ceux-ci seront retournés
immédiatement par le même moyen de transport, frais
à charge du transporteur (art. 5-6) ;
6° la violation des
dispositions ci-dessus est sanctionnée conformément
à la loi (art. 7). Aucune précision
n’est donnée quant à la loi visée. Quelle
belle illustration de l’adage nul n’est censé ignorer la loi, du
reste consacré par la Constitution (art. 62) !
B. Mouvement de la
population étrangère
5. Après avoir constaté qu’il y a « explosion des
mouvements de la population étrangère dans la ville de
Lubumbashi », le premier Citoyen de cette ville justifie son
arrêté n° 16 par la nécessité de
réglementer lesdits mouvements, notamment les entrées,
sorties et séjour des étrangers dans sa ville. Et pour y
parvenir, il subordonne :
1° toute entrée d’un étranger dans la ville de
Lubumbashi à la présentation préalable d’un visa
authentique auprès du service d’immigration (art. 1er) ;
2° tout séjour dans la ville, à la déclaration
auprès du bureau de la population de la commune de
résidence endéans trois jours et à l’obtention
d’une carte de séjour temporaire (art. 2) ;
3° toute prorogation du séjour allant au-delà d’un
mois, à l’autorisation préalable de l’Autorité
municipale concernée, après avis du chef d’antenne
d’immigration (art. 4) et à la justification de moyens de
subsistance par l’intéressé ou la famille d’accueil (art.
5).
L’arrêté interdit aux enfants mineurs non
accompagnés de séjourner dans la ville. Ceux-ci seront
« retournés immédiatement par le même moyen
à charge du même transporteur. Une brigade spéciale
sera détachée à l’entrée de la ville pour
déceler ce genre d’entrée irrégulière
» (art.6).
La violation des dispositions de l’arrêté entraîne
comme sanction, « l’invitation du contrevenant à quitter
la ville » (art. 7).
II
Rébellion contre la Constitution et les lois de la
République
6. Avant de relever les différentes dispositions
constitutionnelles et légales violées par les deux
arrêtés urbains susvisés, il importe de noter au
passage qu’ils sont d’une qualité technique médiocre en
ce qu’ils violent les règles élémentaires de
technique législative. Pour ne pas perdre les profanes dans des
querelles d’expert, je mentionnerai simplement que :
1° la
lecture du préambule de deux textes, qui est le même,
révèle qu’ils ne reposent sur aucune base
constitutionnelle, législative ou réglementaire. En
effet, aucun article de la Constitution ni du décret-loi n°
081/98 du 2 juillet 1998 portant organisation territoriale et
administrative de la République n’est cité pour justifier
le fondement de la réglementation adoptée ;
2° l’ordonnance n° 07/018/2007
du 16 mai 2007 fixant les attributions des ministères, notamment
son article premier, point B, alinéa 2 relatif aux attributions
spécifiques du ministère de l’Intérieur est
étrangère aux attributions du Maire de la ville. Elle ne
peut servir de base légale à un arrêté pris
par ce dernier. C’est à tort qu’elle a été
visée pour justifier sa compétence en la matière.
Les bons juristes qui me lisent savent que chaque autorité
administrative n’a que les pouvoirs que la loi lui attribue
expressément : sa compétence est limitée ratione
materiae, ratione temporis et ratione loci. En parcourant les articles
59 à 67 du décret-loi n° 081 du 2 juillet 1998
précité, qui énumèrent les attributions du
Maire, ils ne trouveront aucune disposition pouvant servir de fondement
juridique aux deux arrêtés urbains sous analyse.
A. Mouvement
de la population congolaise
7. L’arrêté
urbain n° 17 portant réglementation du mouvement de la
population congolaise dans la ville de Lubumbashi a été
pris en violation notamment :
1° des articles 12 et 13 de la
Constitution qui consacrent le principe de l’égalité de
tous les Congolais devant la loi et prohibent toute mesure
discriminatoire, qu’elle résulte de la loi ou d’un acte de
l’exécutif, qui serait fondée […] sur la
résidence en ce que ledit arrêté subordonne le
séjour des visiteurs congolais dans la ville de Lubumbashi
à la déclaration et à la détention d’une
attestation de séjour, ce qui est contraire aux deux
dispositions constitutionnelles susmentionnées ;
2° de l’article 30 de la
Constitution qui reconnaît à toute personne qui se trouve
sur le territoire national le droit d’y circuler librement, d’y fixer
sa résidence, […] dans les conditions fixées par
la loi en ce que, d’une part, l’arrêté urbain restreint ce
droit de libre circulation et de libre fixation de résidence en
le subordonnant à certaines conditions et d’autre part, il
réglemente une matière qui relève du domaine de la
loi ;
3° de l’article 60 de la
Constitution qui fait obligation aux pouvoirs publics de respecter les
droits de l’homme et les libertés fondamentales consacrés
dans la Constitution en ce que l’arrêté mis en cause viole
le droit à l’égalité de tous les Congolais devant
la loi et à une égale protection de celle-ci,
l’interdiction de la discrimination fondée sur la
résidence et le droit à la liberté de circulation
et de fixation de résidence dans n’importe quel coin de la
République ;
4° de l’article 63,
alinéa 2 de la Constitution qui impose à toute
autorité nationale, provinciale, locale […] le devoir de
sauvegarder l’unité de la République […], sous peine de
haute trahison en ce que l’arrêté vanté est
manifestement vexatoire à l’égard des populations des
provinces voisines dont on sait qu’elles viennent
régulièrement dans la ville de Lubumbashi pour toutes
sortes de transactions et que dans un passé récent, elles
avaient été déclarées indésirables
dans la province et la ville concernées et «
invitées à rentrer chez elles » ;
5° de l’article 122 de la
Constitution qui détermine le domaine de la loi et
réserve à celle-ci de fixer « les garanties
fondamentales accordées aux citoyens pour l’exercice des
libertés publiques » en ce que le Maire de la ville a
réglementé par voie d’arrêté le droit
à la libre circulation et la libre résidence dans la
ville de Lubumbashi alors qu’une telle matière constitue une
garantie fondamentale consacrée par l’article 30 de la
Constitution.
B. Mouvement
de la population étrangère
8. L’arrêté urbain n° 16 portant réglementation
du mouvement de la population étrangère dans la ville de
Lubumbashi règle une matière relative à la police
des étrangers. A ce titre, il a été pris en
violation :
1° de l’article 32 de la
Constitution qui reconnaît à tout étranger qui se
trouve légalement sur le territoire national la jouissance de la
protection accordée aux personnes et à leurs biens dans
les conditions déterminées par les traités et les
lois, notamment le droit à la libre circulation et la libre
fixation de résidence prévu par l’article 30 de la
Constitution, en ce que l’arrêté sus vanté restreint le droit des
étrangers détenteurs de visa en soumettant leur
séjour dans la ville à des conditions non prévues
par la loi ;
2° de l’article 202 de la
Constitution sur la répartition des compétences entre le
pouvoir central et les provinces, qui réserve la police des
étrangers à la compétence exclusive du pouvoir
central en ce que le Maire de la ville a réglementé le
mouvement de la population étrangère par voie
d’arrêté alors qu’il s’agit d’une matière relevant
de la police des étrangers ;
3° de l’article 2 de
l’ordonnance-loi n° 83-033 du 12 septembre 1983 relative à
la police des étrangers qui soumet l’entrée et le
séjour des étrangers aux dispositions qu’elle
édicte, sous réserve des conventions internationales ou
de lois y apportant dérogation, en ce que
l’arrêté urbain n° 16 ajoute une condition
supplémentaire, la détention d’une carte de séjour
temporaire alors que le Maire de la ville n’est pas compétent
pour ce faire ;
4° de l’article 6 de l’ordonnance-loi n° 83-033 du 12 septembre
1983 précitée qui reconnaît à
l’étranger le droit de séjourner en RDC sous le seul
couvert de son visa aussi longtemps que la validité de son visa
n’a pas encore expiré et, en tout cas, avant l’expiration de la
durée maximum de six mois en ce que l’arrêté urbain
supprime cette durée en imposant une carte de séjour
temporaire dès l’arrivée dans la ville de Lubumbashi
(art. 2) ;
5° de l’article 8 de l’ordonnance-loi n° 83-033 du 12 septembre
1983 susvisée qui fixe les conditions d’obtention de la carte de
résidence en ce que le Maire de la ville modifie les
dispositions de cette loi par voie d’arrêté en instituant
une carte de séjour temporaire et en subordonnant sa prorogation
à l’avis du chef d’antenne d’immigration (art. 4) ;
6° de l’article 11 de la même ordonnance-loi qui
reconnaît à l’étranger le droit de séjourner
et de circuler librement sur le territoire national sous réserve
des lois et règlements de la République (i.e les
règlements pris par l’autorité compétente) en ce
que l’arrêté sous examen restreint ce droit au
mépris de la Constitution et des lois en la matière ;
7° de l’article 1er de l’ordonnance n°83-164 du 12 septembre
1983 portant mesures d’exécution de l’ordonnance-loi n°
83-033 précitée qui fixe les conditions
spécifiques pour les diplomates et les fonctionnaires
internationaux ainsi que leurs conjoints et enfants mineurs non
mariés dont la carte de résidence est
délivrée par le ministre des Affaires
étrangères en ce que l’arrêté urbain soumet
tous les étrangers sans distinction aucune aux mêmes
conditions, obligeant ainsi cette catégorie particulière
d’étrangers à se présenter au bureau de la
population de la Commune de résidence pour déclarer leur
arrivée et obtenir une carte de séjour temporaire.
Conclusion
9. L’énumération des dispositions constitutionnelles et
légales violées par les deux arrêtés urbains
du 21 mai 2008 n’est pas limitative. Elle peut être
allongée à l’envi tant abondent les violations
décriées. Celles-ci concernent aussi plusieurs
conventions internationales régulièrement
ratifiées par la République.
10. On retiendra de cette brève énumération que
« l’honorable » Floribert KASEBA MAKUNKO est entré
de plein pied en rébellion contre la Constitution et les lois de
la République. Il ne semble pas avoir entendu le sifflet
marquant la fin de la récréation. Il appartient au
président de la République, symbole de l’unité
nationale et garant de la Constitution (art. 69) ainsi qu’au gouverneur
de la province du Katanga de prendre, chacun en ce qui le concerne, les
mesures qui relèvent de leur compétence pour briser cette
rébellion, « sans effusion de sang ».
Mukadi Bonyi
Professeur à la Faculté de Droit, Université de
Kinshasa
Avocat à la Cour suprême de justice
Membre associé du Barreau de Bruxelles
© Congoindépendant 2003-2008
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LE NIGERIA RENEGOCIE
SON ACCORD "LEONIN" AVEC LA CHINE....
Railway rehabilitation:Multi billion dollar scam in the Chinese deal
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| Written by Uduma Kalu
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| Saturday,
21 June 2008 |
*Why Yar’Adua may dump China
for France
*Obasanjo’s illegalities in the contract
*Deal over inflated by $5bn
Financial and legal scandal now rocks a contract deal entered
into by the former regime of Chief Olusegun Obasanjo with the Chinese
firm, China
Civil Engineering Construction Corporation (CCECC) for the
rehabilitation of the Nigerian railways.. China had entered such a
contract also with DR Congo. However, reports of
over inflation, illegalities and abuse of due process now rock the
contract. President Yar’Adua has reportedly terminated the contract but
some invisible and powerful forces in China and Nigeria are said to be
fighting to see that the President uphold the contract as it is. While
this may test President Yar’Adua’s much trumpeted respect for the rule
of law, Saturday Vanguard reports that the president may look beyond
China for the railways rehabilitation.
China’s
Congo contract
The Congolese are planning a new road said to be the biggest China
single deal in Africa. It is worth $9bn. The deal gives Congo DR
$6bn of desperately needed infrastructure - about 2,400 miles of road,
2,000 miles of railway, 32 hospitals, 145 health centres and two
universities. In return, China gets a slice of DR Congo’s precious
natural resources to feed its booming industries - 10m tonnes of copper
and 400,000 tonnes of cobalt.
The deal is described by Chinese as “win-win”- no aid with strings
attached, unlike Western powers’. Corruption and civil war have
crippled the country. Most of its infrastructure barely functions.
However,
the curious thing about the deal is that a foreigner, Paul Fortin,
negotiated the deal, over two months in Beijing.
Fortin, a corporate lawyer based in Monaco runs DR Congo’s state_owned
copper and cobalt mining company, Gecamines. He got the deal by finding
a mine - in Kolwezi, in the southern copper belt province of Katanga -
that had enough proven reserves to persuade the Chinese that it was
financially safe for them to begin disbursing a first tranche of money
for infrastructure projects _ about $3bn- right away. China’s
state-owned Exim Bank, is financing this deal, as in many others in
Africa, Nigeria inclusive.
Although it is said to be a joint venture, the deal will take
about three years, and another $3bn or so of investment, before the
disused mine -formerly owned by the Belgian Forrest Group will begin to
work. When
production begins, the Chinese companies signing the deal - CREC
and Sinohydro - will disburse a final $3bn on roads, railways and
hospitals.
Pitfalls in the Congo deal
China is
meant to recoup its total investment within 10 years. Thereafter
the joint venture - one third DR Congolese, two-thirds Chinese -
continues to exploit the mine. When this exploitation
will end is not yet clear. What is clear is that the deal will
provide China with access to DR Congo’s vast cobalt mines, and Paul
Fortin believes the deal - and the rapidly rising price of minerals -
will jump-start the economy of a region depressed after years of war.
And
yet, despite China’s pledge of openness, the deal has still not been
published to the fury of human rights groups. “Our
worry is that it is almost totally opaque,” said Katanga-based lawyer
Georges Kapiamba, who eventually obtained a copy. “It permits a group
of Chinese to get more than the Congolese - it’s not a win-win
contract.”
Kapiamba said the deal amounts to a licensed plundering of DR
Congo’s resources similar to that carried out under the country’s
colonial ruler, King Leopold II of Belgium. A copy of the original DR
Congolese-Chinese memorandum of understanding obtained by Newsnight
appears to exonerate the Chinese side from all taxes and customs duties
until the promised building work is completed. Nigeria will
encounter this problem as well. But like some other African
leaders, Victor Kasongo, the deputy mining minister, said DR Congo
“will do whatever’s necessary to keep the Chinese on board.”
Critics said the problem is not just fiscal privileges. But that
the whole arithmetic of the deal unfairly favours the Chinese. At current world prices
for copper and cobalt, they claim, the Chinese side of the joint
venture will make a colossal overall profit of about $42bn after all
the investment has been paid.
“We can’t understand why they’re signing under these
circumstances,” said the human rights lawyer Georges Kapiamba. “We need a commission of
jurists to consider whether it’s in the interests of the Congolese.”
Nigeria,
China contract version: A railway deal
The Nigeria Railway Corporation went more than once into
bankruptcy during the last 20 years. Lack of maintenance on
infrastructure and rolling stock and a high number of employees the
railway produced huge deficits, not taken over by the state. In 2005,
after several re-organisations of the system, passenger transport was
reduced to four departures weekly from Lagos, of which two went to
Kano, one to Jos and one to Maiduguri; from Port Harcourt four trains
every week ran to Kano (two weekly), one weekly to Jos and one to
Maiduguri.
In 2006, Nigerian government wanted to rebuild more
or less the entire existing 1,067 mm (3 ft 6 in) network to standard
gauge.
Mazi Jetson Nwankwo, acting managing director of the NRC said,
the rail system is suffering from the lack of political will by the
nation’s politicians. While the NRC had employed about 45,000 people
between 1954 and 1975, current employment is only 6,516. He pointed out
that no new wagons had been bought since 1993, and some wagons date
back to 1948. Track condition limit trains to a speed of 35 km/h.
The
contract deal between Nigerian China is almost like that of DR Congo.
Nigeria, pursuing its Vision 2020 agenda, needs its Transport ministry.
The ministry is divided into aviation, Road and Railway as well as
Maritime.
The transport sector is stated in a document “Transport Sector
and Milestones Planned for 2008” enumerates the ministry’s plan for the
year.
The document explains its plans on the maritime and
aviation sectors. But most importantly, it gives a good dose on
railway.
The Ministry’s vision for the Railway is therefore to rehabilitate the
existing lines via private sector participation in the funding and
operations of the railway lines; encourage Intermodalism by extending
the railway lines to Tin Can Island and Onne Ports and also by
establishing Inland Container Depots (ICD’s) at strategic stations
along the line;
ensure that the Railway becomes a veritable tool for relieving the
heavy duty cargo tonnage our roads; reform railways by unbundling of
the current institutional set up to ensure that the Regulator (NRC) is
distinct from the Service provider (Private sector operator);
articulate a long term vision for the Railway to be embodied in a
Master plan; ensure the passage of the Railway Bill and establishment
of the regulatory framework for private sector participation in the
Railway operations.
How to achieve these objectives is however a problem, as the
effort is dogged by official corruption, illegalities, inflated
contract deals, among others.
Railway Contract
The multi billion dollar Nigeria-China railway contract Scam
Saturday Vanguard gathered from a document titled, “Hard Facts about
the Railway Modernisation Given to China Civil Engineering
Construction Corporation (CCECC)”.
The Obasanjo regime had asked China’s CCECC to rehabilitate the
Nigerian railway system. CCECC was established only in 1979 according
to the approval of the State Council of the People’s Republic of China.
As one of the pioneers performing international contracting and
economic cooperation, CCECC was developed from the earlier Foreign Aid
Department of the Ministry of Railway. It was disconnected from the
Ministry of Railway on September 2000, and was attached to the Industry
Commission of Central Enterprise of the China Communist Party Central
Committee. In 2003, CCECC , along with other 195 central enterprises,
came under the direct control of the State_owned Assets Supervision and
Administration Commission of the State Council.
This is the company Obasanjo regime entered into a deal. But recent
findings has it that the project had no feasibility study.
Expert
reports say the contract per kilometer on for railway modernizations
should have been about $2.5 Billion not $8.3 Billion as was awarded to
the Chinese.
Also, there was no Front End Design (FEED) done before the
modernization before contract was awarded. No price benchmarks
were done before a single sourcing was carried out. As is the
case with Congo where details are not made clear to the people,
Obasanjo’s negotiation commenced after BPE had received 21 Expressions
of Interest on the Railway Concessions advertised by the BPE. The
Contract was even negotiated by a special project team (Railway
development office) working then out of the SGF’s office in the villa.
The contract was negotiated there and brought to the Ministry of
Transportation for signature.
Details of the contract with CCECC
Details of the deal shows that as in Congo, China offered a Chinese
Exim Bank loan - $2.5bn to Nigeria, 3% out of $1.3billion was dedicated
to the modernization of the Lagos – Kano rail line.
The Contract was for $8.3b so government was to fund the balance from
excess crude accounts. As in Congo, paying with cobalt,
Nigeria’s deal with China, part of the facility
agreement was that four oil blocks were to
be granted to the Chinese. Obasanjo had requested from the
President of China a waiver on Insurance to which there has been no
response to date. Congo gave a waiver on tax and import duties to
China.
“A Chinese loan to part finance a Chinese company, and the
balance on the project to be paid by cash from crude oil proceed plus a
promise for 4 oil blocks. What a deal?” an expert asked.
Illegalities in the deal Some Nigerian
lawyers argue that it is unconstitutional to collaterise the monies for
the railway modernization with crude oil accounts which belong to the
nation (not only the Federal Government). Section 162 of
the Constitution is clear on how revenues should be treated in the
Nigerian Federation. The
lawyers say it is surprising that FGN could have entered into this
contract. The Congolese government does not have this argument
yet.
But some also point out that contract for the Railway
modernization was signed and work commenced with a mobilization of $250
million to the CCECC despite the fact that the conditions precedent set
out in the Agreement had not been met. They could not be met because of
the legal and constitutional impediments on the entire deal.
The Contract was entered into with China Civil Engineering Construction
Corporation (a Chinese registered entity) contrary to Nigeria’s Company
Law (Section 54) that prohibits foreign companies from doing business
in Nigeria without being registered as a legal entity in Nigeria.
China’s influence on Yar’Adua, Alison Madueke
In view of the above illegalities and scam on the railway deal,
Yar’ Adua was said to have set up a Committee to look into the
Railway comprising Finance, Ministry of Transportation and DG from the
SGF’s office. The Committee was split with Ministry of Finance and
Ministry of Transportation on one side, pitched against the civil
servants.
It is alleged that the civil servants wanted to work out how the CCECC
contract of $8.3b will be financed over 5-10 years. But the source said
the Ministers of Finance insisted that the contract was fraught with
too many irregularities and there was no budget for the railway in 2008
budget. The only option according to the Ministry for Transportation
was to terminate the contract to throw all the lines out for
concessionaires. This Committee lost time trying a common ground for
months.
After much horse trading and intrigues it was said that it took
the intervention of both the Ministers of Transportation and Finance to
force the hands of the Committee and bring a report in favour of
Termination before Yar’Adua who promptly agreed that the contract be
terminated and the Ministry of Justice should advise, the source
continued.
The Chinese govt was said to have got wind of this and quickly
organized a State visit to China and with President Yar‘Adua, Minister
for Transportation and top government functionaries in attendance.
http://www.vanguardngr.com/index.php?option=com_content&task=view&id=10764&Itemid=0 |
Des
politiques congolais arnaqueurs!
Les élections de 2011 seraient-elles gagnées d'avance? |
Par Jean-Pierre Mbelu |
|
Dans le présent article, nous
étudions deux apostrophes du journal Le
Potentiel en entrevoyant les élections de 2011
comme étant une probabilité. En d'autres termes, nous ne
discutons pas la thèse d'une action-choc qui pourrait mettre
brutalement fin à l'ordre politique actuel au Congo.
En effet, les lecteurs
réguliers du journal Le Potentiel
savent que ses apostrophes, à quelques exceptions près,
traduisent, en des formules lapidaires et concises, le calvaire que
connaît notre pays depuis que "le vent de la démocrature"
a soufflé chez nous. Les deux dernières, celles du 14
juin et du 16, donnent à penser, eu égard
aux questions qu'elles posent. La première est intitulée
"la honte". La première note que "la plupart des élus de la Troisième
République vont se casser les dents en 2011. Because, ils se sont complus dans
les mêmes attitudes que leurs collègues de la transition.
Faire des démonstrations de l’art oratoire. A la fin de cet exercice épuisant, qui a l’avantage
d’entretenir l’illusion dans le chef de la population, leurs
recommandations et résolutions sur des questions
d’intérêt national ne quittent pas l’hémicycle du
Palais du peuple. C’est ce que l’on a appelé lettres mortes."
L'apostropheur estime qu'en dehors de
l'assemblée nationale, le pouvoir exécutif est aussi une
caisse de résonnance des tireurs des ficelles tapis dans
l'ombre". Bref, ceux et celles qui apparaissent sur la scène
politique congolaise sont, pour la plupart des marionnettes
agitées par "une main invisible".
La deuxième apostrophe, celle du 16 juin, est
intitulée " quelle calamité".
Pour l'apostropheur, "c’est archiconnu ! Les
politiques congolais sont, depuis toujours, une terrible
calamité pour la RD du Congo. Ils constituent, au propre comme
au figuré, une véritable catastrophe affectant la
dignité de son peuple." Pour couper court à
toute remise en question de cette approche du politique congolais,
l'apostropheur évoque "les derniers «exploits» d’une
clique des députés de Kinshasa". De quoi a-t-il
été question?"Deux ou trois députés
nationaux ont, la semaine dernière, agité la
planète de la classe politique locale. Ces agitateurs, connus pour leur professionnalisme en la
matière, ont réussi, sans peine, à apprivoiser la
commisération des médias kinois. Ils en
avaient besoin pour atteindre leur but". Agitateurs,
ces députés sont aussi qualifiés de
"manipulateurs" recourant aux calomnies pour arnaquer leurs proies
"étrangères".
Ils ont joué sur l'émotion pour
réussir leurs coups. "Mais, après coup, passé
l’émotion, le piège a rattrapé les Trois
mousquetaires. L’opinion, stupéfaite, a découvert que ces
sacrés porte-parole avaient tenté d’arnaquer
l’étranger, pour la énième fois. Délit pour
lequel ce dernier, dépassé, a voulu se faire justice. L’incident, entre parenthèses, justifie
l’origine douteuse de certaines libéralités qui auraient
permis autrefois à du menu fretin de se faire élire …
grâce à une minutieuse opération d’achat des
consciences".
Se casser les dents en 2011: pas
évident!
Si "c'est
archiconnu que les politiques congolais sont, depuis toujours, une
terrible calamité pour la RD Congo et qu'ils constituent, au
propre comme au figuré, une véritable catastrophe
affectant la dignité pour son peuple", croire qu'après
qu'ils ne soient pas cassés les dents à la mascarade
électorale de 2006, ils vont se les casser en 2011, nous
paraît aller très vite en besogne. En effet, en 2006,
plusieurs rapports rédigés par des institutions, des ONG
et des personnalités dignes de confiance témoignaient que
plusieurs candidats aux différentes élections avaient
trempé dans la magouille et/ou appartenaient à des
réseaux d'élite prédateurs ayant pillé le
Congo avant, pendant et après les guerres d'agression
initiées par le Rwanda, l'Ouganda, le Burundi, "le
conglomérat d'aventuriers libérateurs" et leurs parrains
occidentaux. Ces rapports n'ont pas été un frein à
la transmutation des seigneurs de guerre et autres maffieux congolais
en "leurs excellences" et "honorables" par la magie de la mascarade
électorale de 2006. Maffieux, agitateurs et manipulateurs, ils
ont utilisé "certaines libéralités" (à
origine douteuse) qui ont permis, non seulement "à du menu
fretin de se faire élire" mais aussi "aux seigneurs de guerre"
de prétendre à "l'excellence" après "une
minutieuse opération d'achat des consciences". "Les
médias coupagistes" aidant, le débat d'idées sur
les projets de société, sur les questions
géostratégico-politiques et les grandes orientations
à donner au pays a été sacrifié sur l'autel
des billets verts et de l'émotion. "Passé
l'émotion", notre passé mal négocié nous
rattrape et nous estimons qu'en 2011, ces agitateurs et manipulateurs
renonceront à l'apprivoisement de "la commisération des
médias kinois" et "coupagistes" et accepteront de se casser les
dents! Voilà l'illusion que l'une des apostrophes (la
première) risque d'entretenir! Nos partis politiques et les
associations de notre société civile sont-ils
suffisamment avancés (et outillés) sur le débat
susmentionné pour présenter des alternatives
crédibles en 2011? Mobilisent-ils suffisamment de moyens
humains, idéologiques, spirituels et matériels pour
travailler avec nos populations à disqualifier les arnaqueurs
décriés? Telles sont les questions auxquelles il faudrait
commencer par répondre avant de penser à l'échec
des agitateurs politiques actuels aux élections de 2011.
Cela étant, cette première
apostrophe pose, en filigrane, la question de l'inefficacité de
la démocratie représentative et de l'absence des
contre-pouvoirs autres que celles instituées par des
constitutions taillées sur mesure par les nouveaux
prédateurs aidés de leurs parrains. Cette question ne se
pose pas uniquement pour le Congo et l'Afrique. L'Occident n'y
échappe pas. "La démocratie du marché" a
sapé le principe de la démocratie participative en
faisant des parlements et des exécutifs de plusieurs pays du
monde les caisses de résonnance des intérêts des
capitalismes financiers. Bien des politiciens ne sont plus que "les
hommes liges" de l'ordre néolibéral auquel ils estiment,
à travers un discours dominant répété
à satiété dans "les milieux des intellos
sérieux", qu'il n'y a pas d'alternative. Les bruits des caisses
de résonnance sont souvent une tactique de diversion pour ceux
et celles qui croient encore dans les vertus de "la démocrature"
gérée par le consens de Washington et les Institutions
Financières Internationale n'ayant aucun compte à rendre
aux populations mondiales.
Les politiques congolais : une catastrophe au
propre comme au figuré?
Tous pourris? Non. L'apostropheur semble gommer
toute une partie de notre histoire de lutte menée, depuis les
années 60, par des dignes filles et fils de notre peuple
jusqu'à ce jour. Identifier tous les politiques congolais "au
conglomérat d'aventuriers" agitateurs et manipulateurs
épris d'enrichissement sans cause qui gère notre pays
depuis plus de dix ans maintenant est
injuste. Comme il serait aussi injuste de réduire nos politiques
aux dinosaures ayant géré la deuxième
république. Il y a "un petit reste" d'hier et d'aujourd'hui dont
la lutte pour une gestion idoine de la res
publica tarde à aboutir. S'il redouble d'ardeur et
de consistance et qu'il lui arrive de prendre le pouvoir politique, il
pourrait travailler à l'avènement d'un autre Congo.
"Ce petit reste" n'est pas un groupe
figé. Il se fait et se défait. Il se crée et se
recrée en s'inventant des lieux de débat où le
bonheur collectif à partager au Congo occupe une place de choix.
Il est composé de tous les fils et toutes les filles du Congo
qui, de plus en plus, comprennent que l'avenir de notre pays sera ce
que "les minorités congolaises" organisées en feront.
Ici, il serait important d'attirer l'attention
de ces "minorités" sur la conception inutile qu'elles ont de
notre peuple. Celui-ci n'est pas un bloc homogène aux
intérêts toujours convergents. Non. Notre peuple, comme
tous les autres peuples du monde, est (aussi)
hétérogène. Il est composé de plusieurs
groupes et individus dont les intérêts peuvent êtres
à la fois divergents et convergents. Ces groupes et individus
sont changeants. Pour qu'ils persévèrent dans la
quête des valeurs nobles, ils ont besoin des lieux
d'apprentissage en commun où, à travers un dialogue
permanent et des actions menées de concert, ils apprennent
à bâtir ensemble une autre vision du monde, des hommes et
des choses.
L'illusion est de croire qu'il existe un peuple
qui, de lui-même, sans animateur ou leader, se mettra un jour
debout afin de chasser "l'occupant" parce qu'il a faim, soif, ou parce
qu'il est exploité. Non. Se mettre debout est un acte conscient
demandant que les situations décriées soient "vues",
"analysées" et "comprises" pour que des actions-choc s'en
suivent.
Chez nous, tout ce travail –voir, analyser et
comprendre, agir- est à faire et à refaire. Il prend du
temps et prendra du temps. N'en déplaise à ceux et celles
qui croient en la baguette magique. "Si l'on veut faire quelque chose,
conseille Chomsky, il faut se donner à fond, et s'y tenir jour
après jour. Expliquer, organiser, militer. Voilà comment
ont fait changer les choses. Vous voulez une baguette magique, pour
pouvoir retourner dès demain devant la télé? Cela
n'existe pas." (N. CHOMSKY, La doctrine des bonnes
intentions, Paris, Fayard, p.48). Chez nous, la question
de savoir si "les minorités organisées" savent
dépasser les déclarations des bonnes intentions faites
sur Internet ou à travers quelques articles pour un travail de
fond abattu sur le long terme reste posée. En plus de ce
qu'elles font déjà, il est important qu'elles assimilent
cette vérité évacuée de l'histoire: "Il a
fallu de longues années d'efforts acharnés, accomplis par
une quantité de gens, surtout les jeunes, pour construire un
mouvement de protestation" (Ibidem,
p.50) à même d'influer sur le sens de l'histoire. Oui.
L'effort dévoué et sérieux pour le bonheur
collectif peut inciter les esprits, les cœurs et les consciences
à inverser le cours de l'histoire. Il n'y a pas de baguette
magique! Surtout dans un pays comme le nôtre où la justice
est inexistante.
|
CongoOne, Mise en ligne le 17-06-08
http://www.congoone.net/Allstory.php?Id=1241
|
REBONDISSEMENT
DANS L' AFFAIRE THOMAS LUBANGA
Justice internationale
Le procès de Thomas Lubanga devant la CPI
est suspendu
par Stéphanie Maupas
Article publié le 14/06/2008 Dernière mise à jour le 14/06/2008
à 15:52 TU
Le premier procès de la Cour pénale
internationale, qui devait s’ouvrir le 23 juin, a été
suspendu. Thomas Lubanga, ancien chef de milice de l’est de la
République démocratique du Congo, est poursuivi pour
avoir enrôlé des enfants dans ses troupes. La
décision des juges repose sur le refus des Nations unies de
lever la confidentialité sur des pièces du dossier. La
cour devrait tenir une nouvelle audience le 24 juin pour décider
de la remise en liberté de l’accusé.
Incarcéré depuis mars 2006 dans une cellule du
centre pénitentiaire de la Cour pénale internationale
(CPI) à La Haye, l’ancien chef de l’Union des patriotes
congolais (UPC), Thomas Lubanga, pourrait être bientôt
remis en liberté. Accusé de crimes de guerre pour avoir
enrôlé des enfants dans ses troupes, actives dans l’Est de
la république démocratique du Congo (RDC), le
procès de Thomas Lubanga, qui est aussi le premier procès
organisé par cette Cour érigée en juillet 2002,
devait débuter le 23 juin. Mais dans une décision rendue
le 13 juin, les juges de la Cour ont suspendu la procédure. Pour
les magistrats, l’accusé ne pourrait pas avoir un procès
« juste ».
Jugement impossible en l’absence de toutes les
pièces
La décision des juges est motivée par le refus
des Nations unies de lever la confidentialité sur 156
pièces du dossier de Thomas Lubanga. Or ces pièces
comporteraient des éléments susceptibles de disculper
l’accusé ou d’alléger sa responsabilité et
pourraient « avoir de l’impact » sur
« la culpabilité ou l’innocence de l’accusé »
écrivent les magistrats dans une décision de 44 pages.
Ces pièces pourraient démontrer que « des
enfants ont volontairement rejoint » les forces de
Thomas Lubanga, « ou ont été
envoyés par leurs parents », que l’accusé
aurait par ailleurs participé à « la
démobilisation des enfants soldats » au cours du
conflit. D’autres éléments montreraient qu’il aurait
été « intoxiqué »
ce qui pourrait avoir « altéré sa
capacité de contrôle ou de compréhension du
caractère illégal de sa conduite ».
Les Nations unies bloquent la procédure
Ces pièces essentielles pour le dossier Lubanga ont
été obtenues par le procureur suite à plusieurs
accords de confidentialité passés avec les Nations unies,
et notamment la Mission des Nations unies au Congo (Monuc). Le
procureur avait expliqué aux juges qu’il n’aurait « pas
été en mesure d’ouvrir une enquête en
République démocratique du Congo sans les informations
fournies par l’ONU en vertu d’un accord de confidentialité ».
Or selon la procédure de la cour, qui prévoit une
multitude de garde-fous en faveur des Etats, le procureur ne peut lever
la confidentialité d’un document qu’avec l’accord du
« fournisseur ». Mais en refusant de donner son
aval, l’organisation des Nations unies bloque de facto le
procès de Thomas Lubanga.
La raison d’Etat
Au cours d’une audience de procédure, tenue le 10 juin
à La Haye, Jean-Marie Biju-Duval, l’un des avocats de Thomas
Lubanga, avait estimé que « les archives des
Nations unies devraient être ouvertes à tous. Le
véritable scandale n’est pas du côté du procureur,
arguait-il, mais du côté des Nations unies qui font
obstacle à ce que des informations destinées à la
vérité judiciaire parviennent aux juges et à la
défense. Pourquoi du côté des Nations unies veut-on
priver monsieur Lubanga de sa défense ? interrogeait-il.
Qui veut-on protéger ? Quelles sont les
puissances, les intérêts qui font dire aux Nations
unies : nous ne voulons pas que des éléments soient
divulgués à la défense. On ne peut pas faire
valoir la raison d’Etat internationale sur les intérêts de
la justice. Il n’y a qu’une seule solution : constater que le
procès est impossible ».
Les juges ont retenu les arguments. A moins que les Nations
unies décident finalement de lever la confidentialité sur
ces pièces, ou que le procureur fasse appel de la
décision, une nouvelle audience devrait se tenir le 24 juin pour
débattre de la remise en liberté de l’accusé.
http://www.rfi.fr/actufr/articles/102/article_67503.asp
05.06.08
Séisme politique à Kinshasa :Kamerhe menacé de
destitution, Kabila sur le point de livrer Mbusa Nyamwisi à la
CPI ! (Congo1)
C’est un
véritable tsumani politique qui pourrait frapper les
institutions politiques congolaises si la motion de méfiance
lancée contre Vital Kamerhe, président de
l’Assemblée nationale, aboutit.
Alors que l’on croyait que d’ultimes
manœuvres politiques étaient engagées pour contraindre
à la retraire le premier ministre Antoine Gizenga, pour des
raisons humanitaires, (le gourou du PALU a plus de 84 ans), c’est
plutôt le président de l’Assemblée nationale qui
risque de se voir défenestrer à la suite d’une motion qui
circule dans les couloirs du Palais du Peuple de Kinshasa.
Et pour cause, la fameuse motion
curieusement initiée par l’Alliance pour la
majorité présidentielle, plate-forme au service de Kabila
Kabange, a été initialement signée par le
député Mukonkole de l’opposition ( ?)avant de recueillir
un nombre substantiel des signatures d’autres députés
dont ceux de la fameuse AMP. Dès lors, il ne faut pas un dessin
pour souligner que la guerre aux couteaux est au rendez-vous chez les
Kabilistes et que Vital Kamerhe ne semble plus en odeur de
sainteté au sein de sa famille politique.
Mais quel péché Kamerhe
a-t-il commis pour que soit ouverte la voie du bannissement ce
fidèle des fidèles de Kabila Kabange ? Il nous revient
que la fameuse motion est une conséquence de l’implication de
Vital Kamerhe dans les opérations de fourniture d’armes et
munitions de guerre à Thomas Lubanga via Beni où
trônait un certain Mbusa Nyamwisi. Le nom de Ntumba Luaba Lumu
est aussi cité dans ce trafic qui se faisait au moment où
Kamehe était commissaire général du gouvernement
chargé des relations avec la MONUC. On rappelle que Kamerhe se
déplaçait souvent, au nom des Kabila, vers Beni pour
ravitailler le RCD-KML de Mbusa Nyamwisi, qui fut une
rébellion contre la rébellion, ainsi que Thomas
Lubanga. C’est d’ailleurs ce dernier, signale-t-on, qui a
dévoilé tous ces trafics illicites dans un livre blanc en
signe de sa coopération avec la CPI. Un geste
qui pourrait aider à diminuer la durée de la peine qu’il
risque d’encourir à l’issue de son procès.
On explique que c’est cette
diarrhée verbale de Thomas Lubanga qui expliquerait
l’empressement de Jean Pierre Bemba de collaborer avec la CPI pour
dénoncer aussi les autres seigneurs de guerre complices dont
Olivier Kamitatu, ancien n°2 du MLC, et d’autres tels que Tambwe
Mwamba et tous ceux qui ont été de loin ou de près
impliqués dans la guerre absurde qui a déchiré et
continue à déchirer le Congo à démocratiser.
Un conseiller de Kamerhe
contacté par Congoone a confirmé l’information sur la
motion visant son chef, mais s’est abstenu de se prononcer sur le fond
de l’affaire. Il reste que si la motion de destitution de Vital Kamerhe
aboutit, c’est que le dossier CPI est sérieux et va nul doute
compromettre beaucoup de gens impliqués dans l’achat d’armes
dans l’entourage de Kabila Kabange comme son mentor Augustin Katumba
Mwanke. Il ne pourrait en être autrement étant
donné qu’une source autorisée à Kinshasa
révèle que le procureur près la Cour Pénale
Internationale, Luis Moreno Ocampo, a lancé un mandat
d’arrêt international contre Antipas Mbusa Nyamwisi, ministre des
Affaires étrangères de Joseph Kabila. A présent,
on attend la coopération de Joseph Kabila dont on dit qu’il a
promis de faire le jeu à l’issue d’un remaniement gouvernemental
annoncé comme imminent.
Toutes choses restant égales
par ailleurs, les autres seigneurs de guerre n’ont qu’à bien se
tenir quand on sait qu’il y a juste une semaine, le 29 mai dernier sur
RFI, le belge Louis Michel, commissaire européen à l’aide
et au développement, affirmait son souhait( ?) de voir la CPI
allait jusqu’au bout de la logique pour préserver sa
crédibilité auprès de l’opinion congolaise et
internationale, en oeuvrant de manière à ce que tous les
seigneurs de la guerre en RDC aujourd’hui tapis dans les institutions,
alors qu’ils ne sont pas de politiciens, répondent de leurs
actes, de leurs crimes.
Dans ces conditions, la
communauté internationale qui a octroyé une prime de
guerre aux seigneurs de guerre congolais en faisant de la gestion de la
transition leur chasse gardée, à travers la formule 1+4
égale zéro, à tel point qu’avant élections
égale après élections, devra ôter les
Congolais d’un doute, celui de l’impunité garantie à ceux
qui, sans qualité ni droit, ont versé inutilement le sang
de leurs compatriotes.
Il semble évident que Bemba
Gombo étant poursuivi par la CPI pour des péchés
commis par les militaires du MLC à Bangui, Kabila Kabange ne
pourra ne pas être tenu pour auteur
intellectuel des crimes commis par ses lieutenants, sous ses ordres.
L’éviction de Kamerhe aura l’avantage d’ouvrir la boîte
à pandore.
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CongoOne, Mise en ligne le 05-06-08
http://www.congoone.net/Allstory.php?Id=1217
|

Nord Kivu | 05 Juin 2008 à 12:56:33
Des affrontements ont opposés mercredi
l’armée congolaise de la 6ème brigade
intégrée aux combattants FDLR à Mugogo, Rugarama
et Kinyandoni, des localités situées au Nord-Est du chef
lieu du Rutshuru. Bilan de ces affrontements 6 morts et 14
blessés parmi les déplacés du camp de Kinyandoni,
selon des sources militaires sur place, indique radiookapi.net
06/02/2008 ALORS QUE LES CONGOLAIS SONT DISTRAITS PAR
CERTAINES AFFAIRES, UNE CONFERENCE INTERNATIONALE EN COURS A KISANGANI
VIENT DE DECIDER L IMPLANTATION ET "DE FACTO" LA NATURALISATION DES
HUTUS RWANDAIS EN RDC, DANS UN PROVINCE TENUE SECRETE....
POURQUOI LE PARLEMENT, LE GOUVERNEMENT AINSI QUE LE SENAT CONTINUENT A
ETRE COURT CIRCUITE DANS LA PRISE DE CERTAINES DECISIONS ADOPTEES, AU
CONTRAIRE, PAR DES CONFERENCIERS SANS MANDAT et qui n ont de comptes
à
rendre à personne?
APRES LES DECISIONS SUICIDAIRES DE GOMA, VOICI LES DECISIONS EGALEMENT
GRAVES PRISES PAR LA CONFERENCE DE KISANGANI.
CELA N EST IL PAS CONTRAIRE A LA CONSTITUTION?
POURQUOI DES DECISIONS FONDAMENTALES QUI CONCERNENT LA SITUATION
SECURITAIRE DU KIVU SONT PRISE EN COULISSE ET PAR DES ORGANES ET DES
PERSONNES NON MANDATES ET NE REPONDANT A AUCUN ORGANE POLITIQUE?
Lisez:
02.06.08 APOSTROPHE : Epine au pied, par
Ben-Clet (Potentiel)
On a beau tenir des Assemblées générales de l’Onu,
des Sommets de l’Union africaine, ou des conférences des pays
des Grands lacs, jamais «assembliers, sommetiers et
conférenciers» n’ont daigné publiquement s’apitoyer
sur le sort des populations hutus rwandaises disséminées
à travers l’Afrique, au lendemain de la disparition tragique de
Juvénal Habyarimana.
On peut attribuer la gêne d’évoquer la question à
la mauvaise publicité - un cliché - qui les
précède. Tous, sans exception, sont assimilés aux
génocidaires Interahamwe FDLR.
Indexés par les maîtres du monde, ignorés par leurs
frères africains, les Hutus rwandais en exil sont devenus des
parias depuis 1994. Ils doivent non sans remords se rappeler la Bible,
qui promet à peu près ceci : «Qui tue par la
machette, périra par la clameur publique».
Fortuitement, une conférence leur a
été consacrée à Kisangani, du 26 au 28 mai
2008. La liste des participants affichait les pays et
organismes suivants : RDC, Union européenne, République
sud-africaine, Banque mondiale, Monuc, OCHA, Haut commissariat aux
réfugiés, Eglise du Christ au Congo/Sud-Kivu, deux
groupes des rebelles hutus rwandais (RUD et RPR).
Après la rude palabre, la conférence a
décidé, entre autres, d’accorder aux désormais
ex-combattants RUD et RPR le droit à la
«réinsertion dans la dignité». A cet effet, la RDC va créer deux
sites pour «relocaliser» les candidats à la
démobilisation. Les deux sites, dont la localisation
géographique est tenue secrète pour des raisons
«sécuritaires», se situeraient en dehors des
provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et du Maniema.
Cet éloignement de la frontière congolo-rwandaise
réduirait la menace rebelle hutu contre Paul de Kigali. En contrepartie, la poignée
des ex-rebelles ayant accepté de se recycler dans la vie civile
en … RDC, sera soignée aux petits oignons par la
communauté internationale. Leurs enfants renoueront avec
l’école. Les familles oublieront 14 ans de survie sous des
feuillages pour loger sous un toit et pratiquer l’agriculture.
Le danger, c’est que les populations autochtones digéreront
très mal la sollicitude toute maternelle de la communauté
internationale envers ces étranges étrangers. La
cohabitation imposée générerait des tensions
ethniques et, au-delà, la xénophobie contre des citoyens
rwandais en exil.
A tout prendre, les démobilisés Hutus rwandais
réinsérés en RDC sont loin de ne pas constituer
une épine de cactus dans le pied des Congolais.
Droits de reproduction et de diffusion réservés © Le
Potentiel
REPUBLIQUE
DEMOCRATIQUE DU CONGO
DECLARATION DES PARTIS POLITIQUES DE L’OPPOSITION
Les Partis
Politiques de l’Opposition ont appris avec consternation la nouvelle de
l’arrestation en Belgique ce samedi 24 mai 2008, du Sénateur
Jean Pierre BEMBA GOMBO, Président du Mouvement de
Libération du Congo, MLC en sigle.
Au-delà des
interrogations que suscite le mandat d’arrêt émis par la
CPI en vue de procéder à cette arrestation, les
Présidents des partis politiques de l’Opposition tiennent
à exprimer leur solidarité à leur Collègue
Président du MLC.
Face à cette injuste
et rude épreuve imposée à un des principaux
leaders politiques, les Partis Politiques de l’Opposition :
•
Demandent au Gouvernement Belge de suivre l’exemple de celles des
forces politiques du Royaume qui partagent notre vision que
l’arrestation du Sénateur Jean Pierre BEMBA GOMBO est politique
et
qu’ il s’implique pour sa libération.
• Constatent sans
préjudices de la décision de la CPI que les faits mis
à charge du Sénateur Jean Pierre BEMBA GOMBO par le
procureur de la CPI sont ceux-là mêmes pour lesquels les
rapports des Commissions ad hoc, des Nations Unies diligentés
par le Conseil de Sécurité, notamment le Rapport
Garreton, le Rapport Koffi Amega qui avaient demandé la
création d’un Tribunal Pénal International pour la
République Démocratique du Congo, faits qui avaient
été mis en charge dans certain nombre de
personnalités à ce jour libres de tout mouvement.
Que dire alors des auteurs
et instigateurs des massacres et crimes
perpétrés à MAKOBOLA, TINGI TINGI,
MBANDANKA, MWENGA, ANKORO, MABOYA, RUBARE dans le Nord KIVU et dans
certaines localités du Bas Congo.
• S’insurge par
conséquent contre cette politique discriminatoire de deux poids
et deux mesures de la CPI dans le traitement des dossiers judiciaires
relevant de sa compétence.
• Considère de lors que
la démarche de la CPI est tout simplement dictée par des
considérations politiciennes.
Par ailleurs, les Partis Politiques de
l’Opposition constatent avec étonnement que M. Ange Félix
PATASSE, ancien Président Elu de la République
Centrafricaine, Chef Suprême des militaires mis à sa
disposition par le MLC, qui avait invité entre autres les
troupes de Jean Pierre BEMBA à sa rescousse pour mater la
rébellion de M. BOZIZE, n’a jusque là jamais fait l’objet
d’une interpellation quelconque de la CPI.
Toutefois, il est important
de souligner qu’aussitôt informé des faits, Jean Pierre
BEMBA GOMBO, Président du MLC, avait en son temps
diligenté une enquête portant sur les faits imputés
aujourd’hui à ses troupes.
Sur base des conclusions de
cette enquête, un procès public avait
été établi en bonne et due forme en
présence notamment de la MONUC et les coupables ont
été condamnés.
Par cet acte de courage
posé par Jean Pierre BEMBA, le Partis Politiques pensent que ce
dernier devrait jouir du bénéfice de la bonne foi de la
part de la CPI.
A cet effet, les Partis
Politiques de l’Opposition lancent un appel pathétique à
notre peuple pour qu’il se mobilise comme un seul homme en vue de faire
échec aux provocations de certaines forces qui, en Belgique,
voudraient sacrifier le Sénateur Jean Pierre BEMBA GOMBO pour
des intérêts inavoués.
Enfin, les Partis Politiques
de l’Opposition, appuient la marche pacifique projetée par le
MLC pour ce week-end afin d’exiger la libération par la Belgique
du Sénateur Jean Pierre BEMBA GOMBO et rappellent à tous
les Gouverneurs des Provinces le respect scrupuleux de la Constitution
en matière de manifestations publiques.
Fait
à Kinshasa, le 30/05/2008
Pour les Partis Politiques de
l’Opposition,
DC
– Diomi Ndongala
PUNA – Ezuluwa
DDN-Idambito
MDCO – Mokia
Les Verts
MDD – Munongo
FONUS
– Emery Okudji
FCN - Kamanda
MPR-FP – Nsimba
CCD
- Lisanga
Ce que je pense de
l'arrestation de Jean-Pierre Bemba
Par Kä Mana
Philosophe et théologien
J'ai appris l'arrestation du sénateur Jean-Pierre Bemba au petit
matin du dimanche 25 mai, sur les antennes de RFI. Comme si je ne
voulais pas croire mes oreilles ni prêter foi à une
information pourtant fiable diffusée par une radio
internationale que j'écoute chaque matin, je fus envahi par une
fureur soudaine, complètement irrationnelle. Un sentiment
d'orage où la révolte, dlindignation et l'envie de
protester, me plongeaient dans une colère de cyclone, alors que
j'avais toujours nourri jusque-là une attitude de distance
froide par rapport au destin politique du chef du MLC et à ses
choix souvent contestables.
Sur le champ, je n'ai pas saisi le sens de cette fureur et de cette
colère en moi. Je n'ai même pas cherché à me
dégager de l'emprise incompréhensible que ce que je
venais d'entendre exerçait sur tout mon être. Je sentais
tout simplement que la nouvelle que je venais d'entendre était
d'une extrême gravité et que notre pays subissait une
sorte de tremblement de terre politique de la plus haute magnitude.
C'est progressivement, quand j'ai retrouvé mes esprits en
cherchant à comprendre la signification de l'arrestation de
Jean-Pierre Bemba, que j'ai perçue pourquoi ma réaction
fut celle d'une terreur non maîtrisable et pourquoi il fallait
sortir absolument de cette terreur pour regarder les
réalités avec toute la lucidité réflexive
nécessaire.
LE VRAI CRIMINEL N'EST PAS CELUI QUE VOUS CROYEZ
Malgré le fait que la menace d'être présenté
devant la Cour pénale internationale pesait depuis un certain
temps sur la tête de Jean-Pierre Bemba, rien ne laissait penser
qu'un pays prendrait l'initiative d'arrêter le chef de
l'opposition congolaise. Tous les débats concernant son destin
politique tournaient autour de la possibilité de son retour au
pays natal, dans la perspective d'une pacification du champ politique
congolais et de la réconciliation entre le pouvoir et
l'opposition, pour un fonctionnement calme et harmonieux des
institutions de la troisième République. Il semblait
même impensable que la Belgique, ce pays où le
sénateur congolais dispose des soutiens solides et des parrains
puissants, puisse décider que le chef de l'opposition de la RDC
se retrouve neutralisé et mis hors course pour les «
événements de Bangui ». Ces
événements dont on croyait qu'ils avaient
été analysés politiquement dans tous les sens en
RDC, pour disculper le président du MLC et le mettre à
l'abri de tout soupçon concernant son implication personnelle
dans les crimes commis par ses troupes en RCA. Ayant été
un acteur décisif dans le dialogue inter-congolais, un homme
politique exemplaire qui a joué le jeu de la transition «
1+4 », des élections et de la mise sur pied des
institutions de la troisième République en toute
honnêteté, Jean-Pierre Bemba pouvait estimer que le
procès en cannibalisme et en crimes contre l'humanité que
ses ennemis politiques agitaient à tout moment n'était
que mensonge et poursuite du vent. Comme vice-président de la
République, il avait sûrement eu toutes les garanties de
la part des faiseurs de rois au Congo pour pouvoir circuler
tranquillement, comme il l'a fait jusqu'ici, sans aucune peur
d'être inculpé par qui que ce soit. Je suis indigné
de voir que cette confiance a été trahie en Belgique,
là même où se préparaient les perspectives
du retour du sénateur congolais à Kinshasa, dans les
cadres des discussions avec le « prince » régnant.
Placé dans cette lumière, l'arrestation de Jean-Pierre
Bemba n'est, ni plus ni moins, qu'une manœuvre de basse classe, un coup
de traître qui poignarde un ami dans le dos. C'est une trahison
de la part de la Belgique. Une trahison non pas seulement à
l'égard de l'individu et de l'acteur politique qu'est
Jean-Pierre Bemba, mais à l'égard de tout le peuple
congolais qui considère le chef du MLC non comme un criminel
passible d'une lourde peine devant les tribunaux nationaux ou
internationaux, mais comme un responsable politique
bénéficiant de la confiance d'une grande partie de la
population. Un responsable digne d'être considéré
comme un potentiel président de la République.
Que la Belgique décide d'arrêter cet homme et de le livrer
à la Cour pénale internationale manifeste tout ce que ce
pays enferme d'hypocrisie, de machiavélisme, de mensonge
permanent et de manque de considération pour le peuple
congolais. Au fond, depuis notre « indépendance »,
et bien avant, la Belgique a eu tendance à soutenir les pouvoirs
en place contre les intérêts de notre peuple. Sa politique
à l'égard de Mobutu a livré notre pays à un
long règne du crime contre l'humanité, sans que les
autorités belges ne menacent un seul instant Mobutu d'un
procès auprès de qui que ce soit à
l'échelle internationale. De même, dans le contexte actuel
de tension avec sa « néo-colonie » congolaise, le
pouvoir belge aura du mal à convaincre qu'il ne vient pas de
sacrifier Jean-Pierre Bemba pour donner l'assurance à Joseph
Kabila qu'il sera toujours, s'il le désire, « l'enfant
choyé du Royaume ». Un enfant un peu nerveux ces derniers
temps, mais dont on calme la nervosité en lui livrant sur un
plateau la tête de son seul adversaire politique sérieux.
A mes yeux, un pays dont les autorités sont capables de se
comporter comme les autorités belges viennent de le faire
concernant Bemba est un pays peu fiable, dont tous les Congolais et
toutes les Congolaises devraient se méfier. D'ailleurs, si les
nations et les gouvernements dans leur ensemble pouvaient être
traduits en justice devant la CPI, la Belgique aurait dû y
être pour ses crimes contre l'humanité au Congo.
Malheureusement, nous ne sommes pas encore dans un tel cas de figure.
Nous ne pouvons dénoncer ici que l'état moral
inquiétant que la Belgique manifeste dans sa gestion du
problème « Bemba » quand, d'un côté
elle envoie Louis Michel à Faro au Portugal tranquiliser le
leader du MLC, et de l'autre, elle active les mécanismes de la
justice pour arrêter le même Bemba et l'envoyer à la
Cour pénale internationale.
UN LYNCHAGE MEDIATIQUE IRRESPONSABLE
L'autre choc qu'a eu sur moi l'arrestation de Jean-Pierre Bemba, c'est
la manière même dont les médias rendent compte des
crimes du leader congolais en Centrafrique. Sans aucun souci de lien
entre les comportements des militaires du MLC appelés par le
président Ange Félix Patassé pour sauver son
pouvoir chancelant et l'implication réelle ou
présupposée du chef militaire Bemba dans l'action sur le
terrain, tout est présenté comme si les massacres et les
viols organisés étaient directement planifiés, de
sang froid, par ce chef militaire lui-même, dans un
machiavélisme démoniaque et monstrueux.
On a l'impression que la cour internationale de justice va juger un
monstre sexuel antédiluvien, qui aurait fait des ravages
libidineux sur des petites vierges sans défense, des filles
qu'il aurait égorgées après avoir cruellement
abusé de leur innocente. Pourtant, nous savons qu'un
procès sur les événements de Bangui a eu lieu au
sein même des milices de Jean-Pierre Bemba. Des exécutions
capitales y ont eu lieu. Des sanctions ont été
vigoureusement infligées aux responsables des viols et des
carnages. Malgré les manipulations de ce type de procès
et les réserves que l'on peut émettre quant à leur
signification, il est clair au moins que le sénateur du MLC n'y
est pas apparu comme le monstre que les médias décrivent
en inventant maintenant un coupable parfait à présenter
à la Cour pénale internationale.
J'ai éprouvé une profonde révulsion face à
cette construction de l'image du « criminel parfait »,
surtout quand les médias, avec témoins à la
clé, veulent rendre compte de ce qui s'est tragiquement
déroulé à Bangui, à la demande du
président Ange-Félix Patassé. Curieusement,
celui-ci est à peine cité aujourd'hui alors qu'il
était, à cette époque-là, le vrai moteur de
l'intervention des troupes de Bemba en RCA. Ce silence sur le cerveau
de l'opération est significatif : il permet d'éviter
d'intégrer les problèmes des « crimes » de
Bemba dans le contexte global de la crise de l'Afrique centrale. Une
crise où des crimes aussi abominables que ceux de Bangui ont
été perpétrés, à plus grande
échelle encore, avec un bilan catastrophique qui pourrait
conduire à la Cour pénale internationale des chefs
militaires, des hauts responsables politiques et même des chefs
d'Etat toujours en fonction.
UN OUBLI INCOMPREHENSIBLE
Ce qui m'a le plus choqué comme congolais dans l'arrestation de
Jean-Pierre Bemba, c'est l'oubli de ce contexte global dans lequel
s'inscrivent toutes les accusations portées contre lui. L'oubli
surtout de tous les acteurs du système criminel dont notre pays,
plus que la RCA, a payé et paie encore aujourd'hui le prix le
plus fort, avec 3 à 4 millions de morts pour lesquels on ne
demande pas justice face à leurs assassins, face surtout
à tous les prédateurs et pilleurs actuels qui massacrent
encore le peuple en le maintenant dans la misère, dans l'abandon
social et dans l'indigence absolue.
Tout se passe comme si on voulait juger l'individu Bemba sans du tout
lier ses actions au système de guerre dans lequel se sont
retrouvés la plupart de ceux qui sont aujourd'hui aux affaires
au Rwanda, en Ouganda, en RDC et en RCA. S'il y a eu crime et s'il doit
y avoir châtiment, je trouve regrettable que tous les acteurs du
système ne soient pas indexés comme criminels
présumés. S'en tenir à « Bangui 2002 »
en oubliant toutes les stations de massacres qui jalonnent le destin de
l'Afrique centrale ces dernières années, c'est prendre
l'arbre pour la forêt. Le système pénal
international tel qu'il fonctionne actuellement a tendance à
verser dans ce défaut et à nous faire croire qu'il y a eu
des crimes sans système criminel et que quelques boucs
émissaires choisis au gré de certaines personnes
suffiront à calmer les haines et à donner l'impression
que justice a été faite. Il n'en est rien. Nous devons
avoir le courage d'analyser tout le système du crime, d'en
dénombrer tous les acteurs, de mesurer les responsabilité
s des uns et des autres et de penser le droit non seulement en terme de
punition des criminels, mais la possibilité d'une
réconciliation pour bâtir une nouvelle
société.
Il est frappant de voir que l'arrestation de Bemba est
présentée toujours en termes de « crime et
châtiment », et non en celui de «
vérité et réconciliation », ou plus
exactement en terme de « justice, vérité, paix et
réconciliation ». Je crains que la Cour pénale
internationale soit conçue selon un système culturel qui
ne pourra jamais nous aider en Afrique à résoudre les
problèmes de fond que posent le système criminel qui
s'est installé dans nos sociétés et que l'on a vu
ces derniers temps en œuvre au Libéria, en Sierra Leone et au
Rwanda, avant l'embrasement de la RDC et de la République
centrafricaine.
Sommes-nous sûrs que la CPI soit le lieu juridique le plus
indiqué pour traiter des crimes comme ceux qui sont
reprochés à Jean-Pierre Bemba et qui exigent une logique
plus humaine que celle du crime et du châtiment ? J'en doute
fortement. Et j'ai raison d'en douter dans la mesure où le mode
de fonctionnement de cette cour est trop lié aux jeux
d'intérêts politiques de l'ombre pour pouvoir en
même temps dire le droit, restaurer une société
dans son être et lui redonner toute la force de ses harmoniques
de fond, de ses utopies de paix globale et durable.
CE QU'IL FAUT MAINTENIR
Dans la réflexion que je mène ici, je n'aimerais qu'on
ait l'impression que je veux défendre Jean-Pierre Bemba en le
lavant de tout soupçon concernant ses responsabilité s
comme chef de guerre. Il ne s'agit pas de cela. Je suis plutôt
convaincu que son arrestation représente une bonne leçon
de choses pour tous ceux et toutes celles qui s'engagent dans la voie
de la violence comme manière de gérer les
problèmes de nos sociétés. Tous et toutes
devraient savoir que « nos actes nous suivent » et que nous
sommes responsables de tout se qui se fait en notre nom partout
où on le fait. Tous et toutes doivent apprendre que des
institutions internationales fonctionneront désormais sur le
long terme et qu'elles pourront poursuivre tout criminel, où
qu'il soit, pour qu'il rende compte de ce qu'il a fait contre l'humain.
Qui que l'on soit, chef d'Etat ou chef d'armée, homme d'affaires
ou dirigeants religieux, on devrait savoir qu'on est, tous et toutes,
logé à la même enseigne et que l'œil de la justice
nous regarde dans la conscience, désormais mondiale, qui est
celle de l'humanité tout entière.
Il ne faut pourtant pas que la justice à faire valoir dans ces
conditions soit celle de la raison du plus fort, ni celle de
l'hypocrisie et du mensonge, ni celle de la double vérité
et du double langage, ni celle du châtiment qui détruit au
lieu d'être celle de la vérité qui libère et
qui réconcilie.
Maintenant que Bemba est dans les mailles de la justice internationale,
il est de notre devoir de tout faire pour que la justice devant
laquelle il se présentera puisse être une justice qui dit
le vrai, qui met en lumière toutes les responsabilité s,
et qui s'inscrit moins dans la perspective du châtiment que dans
celle de la construction de l'avenir sous le signe de la
réconciliation et de la paix. Une telle justice ne peut pas
concourir à l'élimination politique du chef du MLC, comme
beaucoup de ses adversaires et ennemis l'escomptent maintenant.
J'espère qu'elle ouvrira de nouvelles perspectives pour une
politique de l'humain où Jean-Pierre Bemba retrouvera sa place
non pas comme un gladiateur impitoyable et un chef de guerre sans
pitié, mais comme un homme converti à l'essentiel de
l'humain par l'épreuve qu'il aura traversée.
http://www.f-ce.com/cgi-bin/news/pg-newspro.cgi?id_news=9428
27.05.08 Jean-Pierre Bemba
arrêté au lendemain du rappel de Jean-Pierre Mutamba.
Simple coïncidence? (CulK)
Le sénateur
congolais, candidat malheureux aux élections
présidentielles de la RDC, Jean Pierre Bemba a été
arrêté ce samedi soir par la Belgique, en exécution
d'un mandat d'arrêt délivré le même jour par
la CPI. Simple
coïncidence ou marchandage, il se fait que c'est ce même
samedi qu'à été rendu public la décision de
fermeture du consulat de la RDC à Anvers et du rappel pour
information de l'ambassadeur du Congo en Belgique par son gouvernement.
Il est difficile pour le commun des mortels que nous sommes de ne pas
faire un lien entre ces deux évènements "fortuites".
La nouvelle de l'arrestation de Jean
Pierre Bemba n'a laissé personne indifférent dans les
rangs de l'opposition congolaise de Belgique. Les réactions ont
été d'abord l'incrédulité, ensuite la
surprise, et enfin la colère face à ce que tous
ressentent comme un marchandage politique ou un gage donné au
pouvoir de Kinshasa.
La publication tard
la nuit du mandat d'arrêt émis par le procureur de la CPI,
Luis Moreno, jettera un nouvel éclairage sur le
déroulement des évènements, sans lever le brouillard
qui entoure toutes cette opération.
Dans ses motivations le procureur affirme que les troupes de Jean
Pierre Bemba sont entrés en RCA sur invitation du
président Ange Felix Patassé afin de lui apporter
assistance contre la rébellion conduite par François
Bozize qui menaçait alors de le "renverser"(ndlr de
manière non démocratique)...
Arrêtons-nous sur ce point là. Si ce que Jean Pierre Bemba
a fait est un crime contre l'humanité, alors pourquoi est-ce que
l'Angola, le Zimbabwe, la Namibie, l'Erythrée, la Belgique, la
France, le Rwanda, le Burundi, l'Ouganda, la MONUC, l'EUFOR... tous ces
pays et organisations qui sont intervenues à un moment où
un autre dans le conflit congolais, causant plus de quatre millions de
morts, perpétrant les pires atrocités contre des
populations civiles en majorité; pourquoi donc monsieur Luis
Moreno n'a pas encore entamé un seul debut d'enquête? La
vie des congolais vaut-elle moins que celles de centre africains?
Pourquoi
arrêter d'abord Jean Pierre Bemba alors que Ange Felix
Patassé est encore là et ne rêve que d'une chose de
s'expliquer avec son pourfendeur? Comment expliquer que François
Bozize, rebelle de son état, ne soit pas inquiéter outre
mesure alors que sans sa volonté de prendre le pouvoir par les
armes dans son pays, il n'y aura jamais eu de guerre, donc
d'intervention des troupes du MLC dans ce conflit.
Le viol est un crime grave, le pilage aussi, les tueries des civils
n'en parlons pas. Si les congolais sont dans
la rue chaque jour ici, si des personnes ont chois de tout sacrifier
pour revendiquer la justice pour toutes ces victimes innocentes, ce
n'est pas pour cautionner aujourd'hui des actes de vols ou autres
crimes contre l'humanité. Mais ce qui nous heurte dans le cas
qui nous occupe actuellement c'est l'instrumentalisation d'un acte
légitime pour régler des comptes politique obscure. Si Jean Pierre Bemba est
un criminel de guerre comme tend à le dire le procureur Luis
Moreno, alors Joseph Kabila, le président François
Bozize, tous les présidents des pays frontaliers du Congo le
sont aussi.
Il faudrait déposer des plaintes afin
d'ouvrir des affaires contre tous en application de la demande de
l'opposition radicale en 2005 d'interdire la participation au processus
démocratique à toutes personnes qui a le sang dans les
mains. A l'époque la réponse qui nous avait
été faite était qu'au nom de la paix, il fallait
accepter de faire des concessions...
Tout laisse à penser que Jean Pierre Bemba est le
fruit d'un marchandage abject entre certains milieux
politico-économiques belges et le régime Kinshasa. Ce ne
serait pas la première fois; tout le monde se
souvient de la façon dont des célèbres opposants
à Mobutu lui ont été "livré"(au propre
comme au figuré) mort ou vif par les services secrets des pays
occidentaux. Nous pouvons citer l'assassinat mystérieuse de
Moïse TSHOMBE, le retour incompréhensible de Mulele, la fin
de l'exil de Ngunz-a-Karl-i-bond, le retour avorté
d'Étienne Tshisekedi en 1991...
L'arrestation
de Jean-Pierre Bemba constitue dans tous les cas de figure, un
précédent fâcheux pour la liberté
démocratique au Congo. Cette affaire risque d'avoir pour effet
de vider encore plus les rangs de l'opposition démocratique
intérieur et gonfler ceux de l'opposition extérieure. Et
donc renforcer le régime Kabila. A suivre...
Désiré Katompa
Un
nouveau cap dans la lutte contre l’impunité
(Le Soir 26/05/2008)
Jean-Pierre Bemba est de loin le plus gros
« poisson » congolais tombé entre les mains de la
Cour pénale internationale, qui ne s’était
attaquée jusqu’à présent qu’à des seconds
couteaux. Avec cet emprisonnement, la lutte contre
l’impunité franchit un nouveau cap, et nombreux sont les chefs
de guerre qui, à l’avenir, dormiront un peu moins bien, au Congo
ou ailleurs. De même, on peut penser que les innombrables «
petits chefs » qui n’ont toujours pas remis leurs armes
réfléchiront à deux fois avant de se lancer dans
de nouvelles aventures.
À long terme, la Cour pénale internationale contribue
à la paix : son action aura un effet dissuasif sur tous les
criminels. Mais, à court
terme, l’action de la CPI pourrait susciter des tensions : les Belges
vivant au Congo risquent de faire les frais de l’arrestation de Bemba,
si leur gouvernement était accusé d’avoir «
livré » l’ancien rebelle, tandis que les dirigeants de
groupes armés, avec lesquels des discussions se poursuivent,
vont redoubler de circonspection. De plus, la communauté
internationale devra choisir entre l’exigence de justice et le
pragmatisme politique : comment peut-on, à la fois, se
féliciter de l’arrestation de Bemba et prôner un dialogue
politique avec Laurent Nkunda, coupable des pires exactions, qui refuse
de livrer à la CPI son commandant militaire, Bosco Ntaganda,
d’origine rwandaise, vétéran de toutes les guerres de la
région… Lorsque Kabila avait voulu réduire militairement
le général félon, qui défiait
l’autorité de l’État, il s’est trouvé
confronté au veto actif des Occidentaux…
À Kisangani ces jours-ci sont réunis des commandants
hutus, venus des forêts du Kivu ou ramenés de la diaspora,
où ils ont terrorisé les populations congolaises
après avoir participé au génocide au Rwanda. Comment les convaincre de déposer
les armes sinon en leur promettant une impunité qui, à
juste titre, est refusée à bien d’autres ?
Si l’action de la CPI peut avoir
un effet préventif, elle risque de compliquer les relations
internationales et d’inciter les chefs de guerre d’Afrique et
d’ailleurs à s’accrocher au pouvoir ou à se terrer dans
leurs fiefs, pour continuer à bénéficier d’une
impunité découlant soit de leur fonction, soit de leur
puissance de feu…
COLETTE BRAECKMAN
lundi 26 mai 2008, 07:02
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Le Soir
RDCongo:
Jean-Pierre Bemba arrêté à Bruxelles à la
demande de la CPI
L’ex-vice-président de la
RDC), Jean-Pierre Bemba, a été arrêté samedi
soir dans la banlieue de Bruxelles à la demande de la Cour
pénale internationale (CPI), a indiqué la
conseillère du procureur de la CPI Béatrice Le Fraper
à l’AFP.
Jean-Pierre Bemba a été arrêté vers 22H00
(locales), samedi 24 mai, dans la banlieue de Bruxelles. Il doit
être présenté dans les prochains jours à un
juge belge. Nous nous attendons à ce que les autorités
belges le transfèrent à la CPI dans les prochaines
semaines", a déclaré Mme Le Fraper.
Le
mandat d’arrêt contre M. Bemba contient deux charges de crimes
contre l’humanité et quatre charges de crimes de guerre, qu’il
aurait commis en République centrafricaine. M. Bemba
s’était réfugié au Portugal après sa
défaite aux élections présidentielles d’octobre
2006 et est accusé de haute trahison en RDC depuis juin 2007.
(D’après AFP)
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