Hypermilitarisation. Kivu : une bombe à retardement
(Le Potentiel 22/07/2008)


Le constat établi par Human Rights Watch est formel : « L’accord de paix de Goma n’a pas mis fin aux meurtres de civils.» Et pourtant, selon des sources concordantes, il existe actuellement 120.000 hommes armés ; FARDC et autres groupes armés toutes tendances confondues. Un nombre impressionnant qui fait craindre le pire : l’hypermilitarisation des deux provinces du Kivu est une véritable bombe à retardement. Serait-ce voulu ?...
Les provinces du Nord et du Sud-Kivu demeurent toujours le ventre mou de la République démocratique du Congo. La situation y est toujours préoccupante, nonobstant les efforts déployés jusqu’ici. Bien sûr qu’il y a eu cette lueur d’espoir avec la Conférence de Goma pour la paix, la sécurité et le développement des provinces du Nord et Sud-Kivu. Il s’en est suivi des actes d’engagement signés par toutes les parties et la mise sur pied du « Programme Amani ».
Malheureusement, les choses traînent. L’on continue à courir après une paix et une sécurité toujours insaisissables. Sur le terrain, la situation est dramatique. Le Haut commissariat de réfugiés a recensé 1.300.00 réfugiés internes. A vue d’image ou à vol d’oiseau, le spectacle est effrayant avec tous ces camps d’infortune.
Déjà, la semaine dernière, en l’espace d’un mois, l’envoyé spécial de l’Union européenne dans la région des Grands Lacs, Roland van de Geer, le représentant du secrétaire général de l’Onu et chargé de la Monuc, se sont entretenus avec le ministre d’Etat de l’Intérieur, le général Denis Kalume au sujet de cette situation du Kivu avec le fonctionnement du Programme Amani. Auparavant, ils avaient eu des entretiens avec le président de la République sur la même question.
Mais, c’est le rapport de Human Rights Watch qui rejoint les préoccupations et les inquiétudes de plusieurs observateurs, tant nationaux qu’internationaux, sur cette situation particulière au Kivu. Ce rapport publié hier lundi 21 juillet à Bruxelles est alarmant et interpellateur à la fois : « Six mois après l’Accord de Goma, meurtres, viols et pillages se poursuivent. L’accord n’a pas mis fin aux meurtres de civils. Selon des informations plus de 200 meurtres de civils et le viol de centaines de femmes commis depuis janvier par tous les groupes armés, y compris le soldats de l’armée congolaise. Six mois après la signature de l’accord de paix, la situation des droits humains n’a connu aucune amélioration et en fait dans certaines zones, elle s’est détériorée. Alors que les parties à l’accord de paix assistent aux négociations, leurs troupes continuent de tuer, de violer et de piller les civils ».
HYPERMILITARISATION
Comme le souligne cet extrait du rapport de Human Richts Watch, le vrai danger au Kivu, ce sont les groupes armés, sans oublier les FARDC épinglées à chaque publication du rapport de la Monuc. Selon certaines estimations, les FARDC disposent dans les deux Kivu de plus de 13 brigades avec au total plus de 40.000 soldats. Quant aux groupes armés présents sur le terrain, à savoir CNDP, PARECO, Maï-Maï Mongols, FR, FDLR… et nous en passons, il y en aurait 22 dans les deux Kivu qui affichent un total de plus de 50.000 éléments armés. S’il faudra prendre également en compte les éléments de la Police nationale, les deux Kivu totalisent, selon des estimations, 120.000 hommes armés.
A ce nombre, il faudrait bien ajouter le contingent de la Monuc avec près de 10.000 casques bleus. C’est quasiment l’effectif d’une armée nationale d’un pays aux dimensions de celles de la République démocratique du Congo.
Le problème est de savoir gérer tous ces militaires dans une région qui doit sortir absolument d’une situation de guerre complexe. Tout le problème est là.
La première des choses, c’est que toutes les parties devraient s’en tenir à l’Acte d’engagement pour éviter des violations sans cesse du cessez-le-feu. Ensuite, accélérer le processus DDRRR, l’exécution vite et bien du Programme Amani pour que le brassage soit effectif. Malheureusement, ce brassage se fait au compte-gouttes, les belligérants n’ayant vraiment pas le coeur à l’ouvrage. Certainement qu’il existerait de agendas cachés, si pas cette méfiance qui continue à s’ériger en obstacle pour conduire le processus politique vers l’impasse. Pour preuve, à plusieurs reprises le CNDP de Laurent Nkunda et les FR ont quitté la table des travaux pour diverses raisons.
Or, tant que le brassage traîne, tous les groupes armés constituent de véritables dangers, de vraies bombes à retardement. Il en est de même de l’encadrement efficace des éléments des FARDC. S’ils continuent à vivre sur le dos des populations, les violences se poursuivront ainsi que les meurtres.
ELECTIONS 2011 : HYPOTHETIQUES
La grande interrogation est celle de savoir si dans trois ans, l’on aura bouclé le processus de brassage et de DDRRR afin de disposer d’une armée intégrée et en finir avec la question des groupes armés. Notamment la démobilisation et le rapatriement des Interahamwe, ces rebelles rwandais qui collent à la peau des populations congolaises. On le doute fort, et ce pour plusieurs raisons.
D’emblée, il faut retenir que la situation au Kivu est complexe. Il s’agit d’une affaire de gros sous où plusieurs intérêts et enjeux s’entrecroisent. La plupart de ces groupes armés, nationaux et étrangers, trouvent leurs comptes dans cette situation de guerre. Ils exploitent illégalement des minerais pour constituer des « économies de guerre » et administrent des grands espaces qui leur permettent de mettre sur pied des « administrations parallèles, en prenant le contrôle des frontières déjà poreuses. Ajouter à cela des causes exogènes qui profitent à certains Etats parias. Si ces différentes zones échappent à la maîtrise du gouvernement central, l’on ne réussira pas le brassage.
Si par aventure politique cette hypothèse s’affirmait, il va de soi que les élections de 2011 sont déjà hypothéquées. On ne peut recenser et amener des populations dans des conditions d’insécurité.
Outre cette éventualité qui n’est pas à écarter, le spectre de la partition, de la balkanisation demeure. Des zones entières continuent à échapper au contrôle du pouvoir central installé à Kinshasa, on risque d’appliquer à la RDC le schéma du Kosovo. Cette idée hante toujours les vrais commanditaires des guerres d’agression contre la RDC. D’où la question importante de savoir si cette situation préoccupante au Kivu, cette « hypermilitarisation » n’est pas voulue par certains « groupes » qui trouvent leurs comptes pour que cette « bombe » à retardement explose, un jour ou l’autre.

Par Le Potentiel

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Réglementation des mouvements des populations congolaise et étrangère dans la ville de Lubumbashi :

Rébellion contre la Constitution et les lois de la République ?  


L’avocat Mukadi Bonyi. Photo CIC.


1. Le 21 mai 2008, le Maire de la ville de Lubumbashi a signé deux arrêtés :
l’arrêté urbain n° 16/BUR-MAIRE/VILLE/L’SHI/2008 portant réglementation de la population étrangère dans la ville de Lubumbashi et
 
l’arrêté urbain n° 017/ BUR-MAIRE/VILLE/L’SHI/2008 portant réglementation du mouvement de la population congolaise dans la ville de Lubumbashi.

2. Les textes ci-dessus ne semblent pas avoir entraîné une quelconque réaction de la part tant des autorités politiques du pouvoir central que du gouverneur de la province du Katanga. En attendant cette réaction ou pour encourager les autorités compétentes à prendre leurs responsabilités, j’exposerai brièvement le contenu de deux arrêtés urbains (I) avant de démontrer en quoi ils constituent une rébellion contre la Constitution et les lois de la République (II).

I. Contenu des arrêtés urbains du 21 mai 2008

A. Mouvement de la population congolaise

3. La ratio legis de l’arrêté urbain n° 17 se résume comme suit : « la migration de la population observée dans la ville de Lubumbashi est susceptible d’avoir des conséquences sur le plan sécuritaire, administratif et socio-économique ». D’où « la nécessité de réglementer efficacement tout séjour des visiteurs dans la ville de Lubumbashi, notamment par la maîtrise des effectifs, le contrôle des mouvements et autres faits socio démographiques ».

4. Tenant compte de cette « nécessité et de l’urgence », le Maire de la ville arrête :

l’obligation pour tout nouveau venu dans la ville de « signaler » son séjour auprès du bureau de la population de la commune de résidence endéans trois jours. Cette déclaration est constatée par une « attestation de séjour » (art. 1er) ;

2° l’attestation de séjour mentionnant l’identité complète du visiteur et de la famille d’accueil, le lieu de provenance, la durée et le motif du séjour, la date d’arrivée et de retour (art. 2) ;

3° la limitation du séjour à un mois et l’obligation subséquente de solliciter une autorisation préalable de l’Autorité municipale concernée pour toute prolongation allant au-delà d’un mois (art. 3) ;

4° la prolongation subordonnée à la justification des moyens de subsistance par l’intéressé et ou par la famille d’accueil (art. 4) ;

5° l’interdiction de séjour pour les enfants mineurs non accompagnés. Ceux-ci seront retournés immédiatement par le même moyen de transport, frais à charge du transporteur (art. 5-6) ;

6° la violation des dispositions ci-dessus est sanctionnée conformément à la loi (art. 7). Aucune précision n’est donnée quant à la loi visée. Quelle belle illustration de l’adage nul n’est censé ignorer la loi, du reste consacré par la Constitution (art. 62) !


B. Mouvement de la population étrangère


5. Après avoir constaté qu’il y a « explosion des mouvements de la population étrangère dans la ville de Lubumbashi », le premier Citoyen de cette ville justifie son arrêté n° 16 par la nécessité de réglementer lesdits mouvements, notamment les entrées, sorties et séjour des étrangers dans sa ville. Et pour y parvenir, il subordonne :

1° toute entrée d’un étranger dans la ville de Lubumbashi à la présentation préalable d’un visa authentique auprès du service d’immigration (art. 1er) ;

2° tout séjour dans la ville, à la déclaration auprès du bureau de la population de la commune de résidence endéans trois jours et à l’obtention d’une carte de séjour temporaire (art. 2) ;

3° toute prorogation du séjour allant au-delà d’un mois, à l’autorisation préalable de l’Autorité municipale concernée, après avis du chef d’antenne d’immigration (art. 4) et à la justification de moyens de subsistance par l’intéressé ou la famille d’accueil (art. 5).
L’arrêté interdit aux enfants mineurs non accompagnés de séjourner dans la ville. Ceux-ci seront « retournés immédiatement par le même moyen à charge du même transporteur. Une brigade spéciale sera détachée à l’entrée de la ville pour déceler ce genre d’entrée irrégulière » (art.6).
La violation des dispositions de l’arrêté entraîne comme sanction, « l’invitation du contrevenant à quitter la ville » (art. 7).


II Rébellion contre la Constitution et les lois de la République


6. Avant de relever les différentes dispositions constitutionnelles et légales violées par les deux arrêtés urbains susvisés, il importe de noter au passage qu’ils sont d’une qualité technique médiocre en ce qu’ils violent les règles élémentaires de technique législative. Pour ne pas perdre les profanes dans des querelles d’expert, je mentionnerai simplement que :

la lecture du préambule de deux textes, qui est le même, révèle qu’ils ne reposent sur aucune base constitutionnelle, législative ou réglementaire. En effet, aucun article de la Constitution ni du décret-loi n° 081/98 du 2 juillet 1998 portant organisation territoriale et administrative de la République n’est cité pour justifier le fondement de la réglementation adoptée ;

2° l’ordonnance n° 07/018/2007 du 16 mai 2007 fixant les attributions des ministères, notamment son article premier, point B, alinéa 2 relatif aux attributions spécifiques du ministère de l’Intérieur est étrangère aux attributions du Maire de la ville. Elle ne peut servir de base légale à un arrêté pris par ce dernier. C’est à tort qu’elle a été visée pour justifier sa compétence en la matière. Les bons juristes qui me lisent savent que chaque autorité administrative n’a que les pouvoirs que la loi lui attribue expressément : sa compétence est limitée ratione materiae, ratione temporis et ratione loci. En parcourant les articles 59 à 67 du décret-loi n° 081 du 2 juillet 1998 précité, qui énumèrent les attributions du Maire, ils ne trouveront aucune disposition pouvant servir de fondement juridique aux deux arrêtés urbains sous analyse.


A. Mouvement de la population congolaise


7. L’arrêté urbain n° 17 portant réglementation du mouvement de la population congolaise dans la ville de Lubumbashi a été pris en violation notamment :

des articles 12 et 13 de la Constitution qui consacrent le principe de l’égalité de tous les Congolais devant la loi et prohibent toute mesure discriminatoire, qu’elle résulte de la loi ou d’un acte de l’exécutif, qui serait fondée […] sur la résidence en ce que ledit arrêté subordonne le séjour des visiteurs congolais dans la ville de Lubumbashi à la déclaration et à la détention d’une attestation de séjour, ce qui est contraire aux deux dispositions constitutionnelles susmentionnées ;

de l’article 30 de la Constitution qui reconnaît à toute personne qui se trouve sur le territoire national le droit d’y circuler librement, d’y fixer sa résidence, […] dans les conditions fixées par la loi en ce que, d’une part, l’arrêté urbain restreint ce droit de libre circulation et de libre fixation de résidence en le subordonnant à certaines conditions et d’autre part, il réglemente une matière qui relève du domaine de la loi ;

de l’article 60 de la Constitution qui fait obligation aux pouvoirs publics de respecter les droits de l’homme et les libertés fondamentales consacrés dans la Constitution en ce que l’arrêté mis en cause viole le droit à l’égalité de tous les Congolais devant la loi et à une égale protection de celle-ci, l’interdiction de la discrimination fondée sur la résidence et le droit à la liberté de circulation et de fixation de résidence dans n’importe quel coin de la République ;

4° de l’article 63, alinéa 2 de la Constitution qui impose à toute autorité nationale, provinciale, locale […] le devoir de sauvegarder l’unité de la République […], sous peine de haute trahison en ce que l’arrêté vanté est manifestement vexatoire à l’égard des populations des provinces voisines dont on sait qu’elles viennent régulièrement dans la ville de Lubumbashi pour toutes sortes de transactions et que dans un passé récent, elles avaient été déclarées indésirables dans la province et la ville concernées et « invitées à rentrer chez elles » ;

5° de l’article 122 de la Constitution qui détermine le domaine de la loi et réserve à celle-ci de fixer « les garanties fondamentales accordées aux citoyens pour l’exercice des libertés publiques » en ce que le Maire de la ville a réglementé par voie d’arrêté le droit à la libre circulation et la libre résidence dans la ville de Lubumbashi alors qu’une telle matière constitue une garantie fondamentale consacrée par l’article 30 de la Constitution.


B. Mouvement de la population étrangère


8. L’arrêté urbain n° 16 portant réglementation du mouvement de la population étrangère dans la ville de Lubumbashi règle une matière relative à la police des étrangers. A ce titre, il a été pris en violation :

de l’article 32 de la Constitution qui reconnaît à tout étranger qui se trouve légalement sur le territoire national la jouissance de la protection accordée aux personnes et à leurs biens dans les conditions déterminées par les traités et les lois, notamment le droit à la libre circulation et la libre fixation de résidence prévu par l’article 30 de la Constitution, en ce que l’arrêté sus vanté restreint le droit des étrangers détenteurs de visa en soumettant leur séjour dans la ville à des conditions non prévues par la loi ;

de l’article 202 de la Constitution sur la répartition des compétences entre le pouvoir central et les provinces, qui réserve la police des étrangers à la compétence exclusive du pouvoir central en ce que le Maire de la ville a réglementé le mouvement de la population étrangère par voie d’arrêté alors qu’il s’agit d’une matière relevant de la police des étrangers ;

3° de l’article 2 de l’ordonnance-loi n° 83-033 du 12 septembre 1983 relative à la police des étrangers qui soumet l’entrée et le séjour des étrangers aux dispositions qu’elle édicte, sous réserve des conventions internationales ou de lois y apportant dérogation, en ce que l’arrêté urbain n° 16 ajoute une condition supplémentaire, la détention d’une carte de séjour temporaire alors que le Maire de la ville n’est pas compétent pour ce faire ;

4° de l’article 6 de l’ordonnance-loi n° 83-033 du 12 septembre 1983 précitée qui reconnaît à l’étranger le droit de séjourner en RDC sous le seul couvert de son visa aussi longtemps que la validité de son visa n’a pas encore expiré et, en tout cas, avant l’expiration de la durée maximum de six mois en ce que l’arrêté urbain supprime cette durée en imposant une carte de séjour temporaire dès l’arrivée dans la ville de Lubumbashi (art. 2) ;

5° de l’article 8 de l’ordonnance-loi n° 83-033 du 12 septembre 1983 susvisée qui fixe les conditions d’obtention de la carte de résidence en ce que le Maire de la ville modifie les dispositions de cette loi par voie d’arrêté en instituant une carte de séjour temporaire et en subordonnant sa prorogation à l’avis du chef d’antenne d’immigration (art. 4) ;

6° de l’article 11 de la même ordonnance-loi qui reconnaît à l’étranger le droit de séjourner et de circuler librement sur le territoire national sous réserve des lois et règlements de la République (i.e les règlements pris par l’autorité compétente) en ce que l’arrêté sous examen restreint ce droit au mépris de la Constitution et des lois en la matière ;

7° de l’article 1er de l’ordonnance n°83-164 du 12 septembre 1983 portant mesures d’exécution de l’ordonnance-loi n° 83-033 précitée qui fixe les conditions spécifiques pour les diplomates et les fonctionnaires internationaux ainsi que leurs conjoints et enfants mineurs non mariés dont la carte de résidence est délivrée par le ministre des Affaires étrangères en ce que l’arrêté urbain soumet tous les étrangers sans distinction aucune aux mêmes conditions, obligeant ainsi cette catégorie particulière d’étrangers à se présenter au bureau de la population de la Commune de résidence pour déclarer leur arrivée et obtenir une carte de séjour temporaire.


Conclusion


9. L’énumération des dispositions constitutionnelles et légales violées par les deux arrêtés urbains du 21 mai 2008 n’est pas limitative. Elle peut être allongée à l’envi tant abondent les violations décriées. Celles-ci concernent aussi plusieurs conventions internationales régulièrement ratifiées par la République.

10. On retiendra de cette brève énumération que « l’honorable » Floribert KASEBA MAKUNKO est entré de plein pied en rébellion contre la Constitution et les lois de la République. Il ne semble pas avoir entendu le sifflet marquant la fin de la récréation. Il appartient au président de la République, symbole de l’unité nationale et garant de la Constitution (art. 69) ainsi qu’au gouverneur de la province du Katanga de prendre, chacun en ce qui le concerne, les mesures qui relèvent de leur compétence pour briser cette rébellion, « sans effusion de sang ».


Mukadi Bonyi
Professeur à la Faculté de Droit, Université de Kinshasa
Avocat à la Cour suprême de justice
Membre associé du Barreau de Bruxelles


© Congoindépendant 2003-2008




LE NIGERIA RENEGOCIE SON ACCORD "LEONIN" AVEC LA CHINE....

Railway rehabilitation:Multi billion dollar scam in the Chinese deal
E-mail
Written by Uduma Kalu   
Saturday, 21 June 2008
*Why Yar’Adua may dump China for France
*Obasanjo’s illegalities in the contract
*Deal over inflated by $5bn



 Financial and legal scandal now rocks a contract deal entered into by the former regime of Chief Olusegun Obasanjo with the Chinese firm, China Civil Engineering Construction Corporation (CCECC) for the rehabilitation of the Nigerian railways.. China had entered such a contract also with DR Congo.  However, reports of over inflation, illegalities and abuse of due process now rock the contract. President Yar’Adua has reportedly terminated the contract but some invisible and powerful forces in China and Nigeria are said to be fighting to see that the President uphold the contract as it is. While this may test President Yar’Adua’s much trumpeted respect for the rule of law, Saturday Vanguard reports that the president may look beyond China for the railways rehabilitation.

China’s Congo contract

The Congolese are planning a new road said to be the biggest China single deal in Africa. It is worth $9bn. The deal  gives Congo DR $6bn of desperately needed infrastructure - about 2,400 miles of road, 2,000 miles of railway, 32 hospitals, 145 health centres and two universities. In return, China gets a slice of DR Congo’s precious natural resources to feed its booming industries - 10m tonnes of copper and 400,000 tonnes of cobalt.
The deal is described by Chinese as “win-win”- no aid with strings attached, unlike Western powers’. Corruption and civil war have crippled the country. Most of its infrastructure barely functions.

However, the curious thing about the deal is that a foreigner, Paul Fortin, negotiated the deal, over two months in Beijing.  Fortin, a corporate lawyer based in Monaco runs DR Congo’s state_owned copper and cobalt mining company, Gecamines. He got the deal by finding a mine - in Kolwezi, in the southern copper belt province of Katanga - that had enough proven reserves to persuade the Chinese that it was financially safe for them to begin disbursing a first tranche of money for infrastructure projects _ about $3bn- right away. China’s state-owned Exim Bank, is financing this deal, as in many others in Africa, Nigeria inclusive.

 Although it is said to be a joint venture, the deal will take about three years, and another $3bn or so of investment, before the disused mine -formerly owned by the Belgian Forrest Group will begin to work.   When production begins, the Chinese companies signing the deal - CREC and Sinohydro - will disburse a final $3bn on roads, railways and hospitals.
 
Pitfalls in the Congo deal

  China is meant to recoup its total investment within 10 years. Thereafter the joint venture - one third DR Congolese, two-thirds Chinese - continues to exploit the mine. When this exploitation will end is not yet clear. What is clear is that the deal will provide China with access to DR Congo’s vast cobalt mines, and Paul Fortin believes the deal - and the rapidly rising price of minerals - will jump-start the economy of a region depressed after years of war.

  And yet, despite China’s pledge of openness, the deal has still not been published to the fury of human rights groups. “Our worry is that it is almost totally opaque,” said Katanga-based lawyer Georges Kapiamba, who eventually obtained a copy. “It permits a group of Chinese to get more than the Congolese - it’s not a win-win contract.”

  Kapiamba said the deal amounts to a licensed plundering of DR Congo’s resources similar to that carried out under the country’s colonial ruler, King Leopold II of Belgium. A copy of the original DR Congolese-Chinese memorandum of understanding obtained by Newsnight appears to exonerate the Chinese side from all taxes and customs duties until the promised building work is completed. Nigeria will encounter this problem as well. But like some other African leaders, Victor Kasongo, the deputy mining minister, said DR Congo “will do whatever’s necessary to keep the Chinese on board.”
  Critics said the problem is not just fiscal privileges. But that the whole arithmetic of the deal unfairly favours the Chinese. At current world prices for copper and cobalt, they claim, the Chinese side of the joint venture will make a colossal overall profit of about $42bn after all the investment has been paid.

   “We can’t understand why they’re signing under these circumstances,” said the human rights lawyer Georges Kapiamba. “We need a commission of jurists to consider whether it’s in the interests of the Congolese.”

Nigeria, China contract version: A railway deal

The Nigeria Railway Corporation  went more than once into bankruptcy during the last 20 years. Lack of maintenance on infrastructure and rolling stock and a high number of employees the railway produced huge deficits, not taken over by the state. In 2005, after several re-organisations of the system, passenger transport was reduced to four departures weekly from Lagos, of which two went to Kano, one to Jos and one to Maiduguri; from Port Harcourt four trains every week ran to Kano (two weekly), one weekly to Jos and one to Maiduguri.

    In 2006, Nigerian government wanted to rebuild more or less the entire existing 1,067 mm (3 ft 6 in) network to standard gauge.
  Mazi Jetson Nwankwo, acting managing director of the NRC said, the rail system is suffering from the lack of political will by the nation’s politicians. While the NRC had employed about 45,000 people between 1954 and 1975, current employment is only 6,516. He pointed out that no new wagons had been bought since 1993, and some wagons date back to 1948. Track condition limit trains to a speed of 35 km/h.

The contract deal between Nigerian China is almost like that of DR Congo. Nigeria, pursuing its Vision 2020 agenda, needs its Transport ministry. The ministry is divided into aviation, Road and Railway as well as Maritime.
  The transport sector is stated in a document “Transport Sector and Milestones Planned for 2008” enumerates the ministry’s plan for the year.
   The document explains its plans on the maritime and aviation sectors. But most importantly, it gives a good dose on railway.  

The Ministry’s vision for the Railway is therefore to rehabilitate the existing lines via private sector participation in the funding and operations of the railway lines; encourage Intermodalism by extending the railway lines to Tin Can Island and Onne Ports and also by establishing Inland Container Depots (ICD’s) at strategic stations along the line;

ensure that the Railway becomes a veritable tool for relieving the heavy duty cargo tonnage our roads; reform railways by unbundling of the current institutional set up to ensure that the Regulator (NRC) is distinct from the Service provider (Private sector operator); articulate a long term vision for the Railway to be embodied in a Master plan; ensure the passage of the Railway Bill and establishment of the regulatory framework for private sector participation in the Railway operations.

  How to achieve these objectives is however a problem, as the effort is dogged by official corruption, illegalities, inflated contract deals, among others.

Railway Contract

The multi billion dollar Nigeria-China railway contract Scam
Saturday Vanguard gathered from a document titled, “Hard Facts about the Railway Modernisation Given to  China Civil Engineering Construction Corporation (CCECC)”.   

 The Obasanjo regime had asked China’s CCECC to rehabilitate the Nigerian railway system. CCECC was established only in 1979 according to the approval of the State Council of the People’s Republic of China. As one of the pioneers performing international contracting and economic cooperation, CCECC was developed from the earlier Foreign Aid Department of the Ministry of Railway. It was disconnected from the Ministry of Railway on September 2000, and was attached to the Industry Commission of Central Enterprise of the China Communist Party Central Committee. In 2003, CCECC , along with other 195 central enterprises, came under the direct control of the State_owned Assets Supervision and Administration Commission of the State Council.

This is the company Obasanjo regime entered into a deal. But recent findings has it that the project had no feasibility studyExpert reports say the contract per kilometer on for railway modernizations should have been about $2.5 Billion not $8.3 Billion as was awarded to the Chinese.


Also, there was no Front End Design (FEED) done before the modernization before contract was awarded.  No price benchmarks were done before a single sourcing was carried out. As is the case with Congo where details are not made clear to the people, Obasanjo’s negotiation commenced after BPE had received 21 Expressions of Interest on the Railway Concessions advertised by the BPE. The Contract was even negotiated by a special project team (Railway development office) working then out of the SGF’s office in the villa. The contract was negotiated there and brought to the Ministry of Transportation for signature.

Details of the contract with CCECC
    
Details of the deal shows that as in Congo, China offered a Chinese Exim Bank loan - $2.5bn to Nigeria, 3% out of $1.3billion was dedicated to the modernization of the Lagos – Kano rail line.
The Contract was for $8.3b so government was to fund the balance from excess crude accounts. As in Congo, paying with cobalt, Nigeria’s deal with China, part of the facility

 agreement was that four oil blocks were to be granted to the Chinese.  Obasanjo had requested from the President of China a waiver on Insurance to which there has been no response to date. Congo gave a waiver on tax and import duties to China.

 “A Chinese loan to part finance a Chinese company, and the balance on the project to be paid by cash from crude oil proceed plus a promise for 4 oil blocks. What a deal?” an expert asked.

Illegalities in the deal  Some Nigerian lawyers argue that it is unconstitutional to collaterise the monies for the railway modernization with crude oil accounts which belong to the nation (not only the Federal Government).  Section 162 of the Constitution is clear on how revenues should be treated in the Nigerian Federation. The lawyers say it is surprising that FGN could have entered into this contract. The Congolese government does not have this argument yet.

  But some also point out that contract for the Railway modernization was signed and work commenced with a mobilization of $250 million to the CCECC despite the fact that the conditions precedent set out in the Agreement had not been met. They could not be met because of the legal and constitutional impediments on the entire deal.

The Contract was entered into with China Civil Engineering Construction Corporation (a Chinese registered entity) contrary to Nigeria’s Company Law (Section 54) that prohibits foreign companies from doing business in Nigeria without being registered as a legal entity in Nigeria.

China’s influence on Yar’Adua, Alison Madueke

 In view of the above illegalities and scam on the railway deal, Yar’ Adua  was said to have set up a Committee to look into the Railway comprising Finance, Ministry of Transportation and DG from the SGF’s office. The Committee was split with Ministry of Finance and Ministry of Transportation on one side, pitched against the civil servants.

It is alleged that the civil servants wanted to work out how the CCECC contract of $8.3b will be financed over 5-10 years. But the source said the Ministers of Finance insisted that the contract was fraught with too many irregularities and there was no budget for the railway in 2008 budget. The only option according to the Ministry for Transportation was to terminate the contract to throw all the lines out for concessionaires. This Committee lost time trying a common ground for months.

After much horse trading and intrigues it was said that it  took the intervention of both the Ministers of Transportation and Finance to force the hands of the Committee and bring a report in favour of Termination before Yar’Adua who promptly agreed that the contract be terminated and the Ministry of Justice should advise, the source continued.
The Chinese govt was said to have got wind of this and quickly organized a State visit to China and with President Yar‘Adua, Minister for Transportation and top government functionaries in attendance.
http://www.vanguardngr.com/index.php?option=com_content&task=view&id=10764&Itemid=0

Des politiques congolais arnaqueurs!
Les élections de 2011 seraient-elles gagnées d'avance?
Par Jean-Pierre Mbelu
          

Dans le présent article, nous étudions deux apostrophes du journal Le Potentiel en entrevoyant les élections de 2011 comme étant une probabilité. En d'autres termes, nous ne discutons pas la thèse d'une action-choc qui pourrait mettre brutalement fin à l'ordre politique actuel au Congo.

En effet, les lecteurs réguliers du journal Le Potentiel savent que ses apostrophes, à quelques exceptions près, traduisent, en des formules lapidaires et concises, le calvaire que connaît notre pays depuis que "le vent de la démocrature" a soufflé chez nous. Les deux dernières, celles du 14 juin et du 16, donnent à penser, eu  égard aux questions qu'elles posent. La première est intitulée "la honte". La première note que "la plupart des élus de la Troisième République vont se casser les dents en 2011. Because, ils se sont complus dans les mêmes attitudes que leurs collègues de la transition. Faire des démonstrations de l’art oratoire. A la fin de cet exercice épuisant, qui a l’avantage d’entretenir l’illusion dans le chef de la population, leurs recommandations et résolutions sur des questions d’intérêt national ne quittent pas l’hémicycle du Palais du peuple. C’est ce que l’on a appelé lettres mortes." L'apostropheur estime qu'en dehors de l'assemblée nationale, le pouvoir exécutif est aussi une caisse de résonnance des tireurs des ficelles tapis dans l'ombre". Bref, ceux et celles qui apparaissent sur la scène politique congolaise sont, pour la plupart des marionnettes agitées par "une main invisible".

La deuxième apostrophe, celle du 16 juin, est intitulée " quelle  calamité". Pour l'apostropheur, "c’est archiconnu ! Les politiques congolais sont, depuis toujours, une terrible calamité pour la RD du Congo. Ils constituent, au propre comme au figuré, une véritable catastrophe affectant la dignité de son peuple." Pour couper court à toute remise en question de cette approche du politique congolais, l'apostropheur évoque "les derniers «exploits» d’une clique des députés de Kinshasa". De quoi a-t-il été question?"Deux ou trois députés nationaux ont, la semaine dernière, agité la planète de la classe politique locale. Ces agitateurs, connus pour leur professionnalisme en la matière, ont réussi, sans peine, à apprivoiser la commisération des médias kinois. Ils en avaient besoin pour atteindre leur but". Agitateurs, ces députés sont aussi qualifiés de "manipulateurs" recourant aux calomnies pour arnaquer leurs proies "étrangères".

Ils ont joué sur l'émotion pour réussir leurs coups. "Mais, après coup, passé l’émotion, le piège a rattrapé les Trois mousquetaires. L’opinion, stupéfaite, a découvert que ces sacrés porte-parole avaient tenté d’arnaquer l’étranger, pour la énième fois. Délit pour lequel ce dernier, dépassé, a voulu se faire justice. L’incident, entre parenthèses, justifie l’origine douteuse de certaines libéralités qui auraient permis autrefois à du menu fretin de se faire élire … grâce à une minutieuse opération d’achat des consciences".

Se casser les dents en 2011: pas évident!

Si "c'est archiconnu que les politiques congolais sont, depuis toujours, une terrible calamité pour la RD Congo et qu'ils constituent, au propre comme au figuré, une véritable catastrophe affectant la dignité pour son peuple", croire qu'après qu'ils ne soient pas cassés les dents à la mascarade électorale de 2006, ils vont se les casser en 2011, nous paraît aller très vite en besogne. En effet, en 2006, plusieurs rapports rédigés par des institutions, des ONG et des personnalités dignes de confiance témoignaient que plusieurs candidats aux différentes élections avaient trempé dans la magouille et/ou appartenaient à des réseaux d'élite prédateurs ayant pillé le Congo avant, pendant et après les guerres d'agression initiées par le Rwanda, l'Ouganda, le Burundi, "le conglomérat d'aventuriers libérateurs" et leurs parrains occidentaux. Ces rapports n'ont pas été un frein à la transmutation des seigneurs de guerre et autres maffieux congolais en "leurs excellences" et "honorables" par la magie de la mascarade électorale de 2006. Maffieux, agitateurs et manipulateurs, ils ont utilisé "certaines libéralités" (à origine douteuse) qui ont permis, non seulement "à du menu fretin de se faire élire" mais aussi "aux seigneurs de guerre" de prétendre à "l'excellence" après "une minutieuse opération d'achat des consciences". "Les médias coupagistes" aidant, le débat d'idées sur les projets de société, sur les questions géostratégico-politiques et les grandes orientations à donner au pays a été sacrifié sur l'autel des billets verts et de l'émotion.  "Passé l'émotion", notre passé mal négocié nous rattrape et nous estimons qu'en 2011, ces agitateurs et manipulateurs renonceront à l'apprivoisement de "la commisération des médias kinois" et "coupagistes" et accepteront de se casser les dents! Voilà l'illusion que l'une des apostrophes (la première) risque d'entretenir! Nos partis politiques et les associations de notre société civile sont-ils suffisamment avancés (et outillés) sur le débat susmentionné pour présenter des alternatives crédibles en 2011? Mobilisent-ils suffisamment de moyens humains, idéologiques, spirituels et matériels pour travailler avec nos populations à disqualifier les arnaqueurs décriés? Telles sont les questions auxquelles il faudrait commencer par répondre avant de penser à l'échec des agitateurs politiques actuels aux élections de 2011.

Cela étant, cette première apostrophe pose, en filigrane, la question de l'inefficacité de la démocratie représentative et de l'absence des contre-pouvoirs autres que celles instituées par des constitutions taillées sur mesure par les nouveaux prédateurs aidés de leurs parrains. Cette question ne se pose pas uniquement pour le Congo et l'Afrique. L'Occident n'y échappe pas. "La démocratie du marché" a sapé le principe de la démocratie participative en faisant des parlements et des exécutifs de plusieurs pays du monde les caisses de résonnance des intérêts des capitalismes financiers. Bien des politiciens ne sont plus que "les hommes liges" de l'ordre néolibéral auquel ils estiment, à travers un discours dominant répété à satiété dans "les milieux des intellos sérieux", qu'il n'y a pas d'alternative. Les bruits des caisses de résonnance sont souvent une tactique de diversion pour ceux et celles qui croient encore dans les vertus de "la démocrature" gérée par le consens de Washington et les Institutions Financières Internationale n'ayant aucun compte à rendre aux populations mondiales.

Les politiques congolais : une catastrophe au propre comme au figuré?

Tous pourris? Non. L'apostropheur semble gommer toute une partie de notre histoire de lutte menée, depuis les années 60, par des dignes filles et fils de notre peuple jusqu'à ce jour. Identifier tous les politiques congolais "au conglomérat d'aventuriers" agitateurs et manipulateurs épris d'enrichissement sans cause qui gère notre pays depuis plus de  dix ans maintenant est injuste. Comme il serait aussi injuste de réduire nos politiques aux dinosaures ayant géré la deuxième république. Il y a "un petit reste" d'hier et d'aujourd'hui dont la lutte pour une gestion idoine de la res publica tarde à aboutir. S'il redouble d'ardeur et de consistance et qu'il lui arrive de prendre le pouvoir politique, il pourrait travailler à l'avènement d'un autre Congo.

"Ce petit reste" n'est pas un groupe figé. Il se fait et se défait. Il se crée et se recrée en s'inventant des lieux de débat où le bonheur collectif à partager au Congo occupe une place de choix. Il est composé de tous les fils et toutes les filles du Congo qui, de plus en plus, comprennent que l'avenir de notre pays sera ce que "les minorités congolaises" organisées en feront.

Ici, il serait important d'attirer l'attention de ces "minorités" sur la conception inutile qu'elles ont de notre peuple. Celui-ci n'est pas un bloc homogène aux intérêts toujours convergents. Non. Notre peuple, comme tous les autres peuples du monde, est (aussi) hétérogène. Il est composé de plusieurs groupes et individus dont les intérêts peuvent êtres à la fois divergents et convergents. Ces groupes et individus sont changeants. Pour qu'ils persévèrent dans la quête des valeurs nobles, ils ont besoin des lieux d'apprentissage en commun où, à travers un dialogue permanent et des actions menées de concert, ils apprennent à bâtir ensemble une autre vision du monde, des hommes et des choses.

L'illusion est de croire qu'il existe un peuple qui, de lui-même, sans animateur ou leader, se mettra un jour debout afin de chasser "l'occupant" parce qu'il a faim, soif, ou parce qu'il est exploité. Non. Se mettre debout est un acte conscient demandant que les situations décriées soient "vues", "analysées" et "comprises" pour que des actions-choc s'en suivent.

Chez nous, tout ce travail –voir, analyser et comprendre, agir- est à faire et à refaire. Il prend du temps et prendra du temps. N'en déplaise à ceux et celles qui croient en la baguette magique. "Si l'on veut faire quelque chose, conseille Chomsky, il faut se donner à fond, et s'y tenir jour après jour. Expliquer, organiser, militer. Voilà comment ont fait changer les choses. Vous voulez une baguette magique, pour pouvoir retourner dès demain devant la télé? Cela n'existe pas." (N. CHOMSKY, La doctrine des bonnes intentions, Paris, Fayard, p.48). Chez nous, la question de savoir si "les minorités organisées" savent dépasser les déclarations des bonnes intentions faites sur Internet ou à travers quelques articles pour un travail de fond abattu sur le long terme reste posée. En plus de ce qu'elles font déjà, il est important qu'elles assimilent cette vérité évacuée de l'histoire: "Il a fallu de longues années d'efforts acharnés, accomplis par une quantité de gens, surtout les jeunes, pour construire un mouvement de protestation" (Ibidem, p.50) à même d'influer sur le sens de l'histoire. Oui. L'effort dévoué et sérieux pour le bonheur collectif peut inciter les esprits, les cœurs et les consciences à inverser le cours de l'histoire. Il n'y a pas de baguette magique! Surtout dans un pays comme le nôtre où la justice est inexistante.

CongoOne, Mise en ligne le 17-06-08
http://www.congoone.net/Allstory.php?Id=1241
REBONDISSEMENT DANS L' AFFAIRE THOMAS LUBANGA

Justice internationale

Le procès de Thomas Lubanga devant la CPI est suspendu

par Stéphanie Maupas

Article publié le 14/06/2008 Dernière mise à jour le 14/06/2008 à 15:52 TU

Le premier procès de la Cour pénale internationale, qui devait s’ouvrir le 23 juin, a été suspendu. Thomas Lubanga, ancien chef de milice de l’est de la République démocratique du Congo, est poursuivi pour avoir enrôlé des enfants dans ses troupes. La décision des juges repose sur le refus des Nations unies de lever la confidentialité sur des pièces du dossier. La cour devrait tenir une nouvelle audience le 24 juin pour décider de la remise en liberté de l’accusé.


Incarcéré depuis mars 2006 dans une cellule du centre pénitentiaire de la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye, l’ancien chef de l’Union des patriotes congolais (UPC), Thomas Lubanga, pourrait être bientôt remis en liberté. Accusé de crimes de guerre pour avoir enrôlé des enfants dans ses troupes, actives dans l’Est de la république démocratique du Congo (RDC), le procès de Thomas Lubanga, qui est aussi le premier procès organisé par cette Cour érigée en juillet 2002, devait débuter le 23 juin. Mais dans une décision rendue le 13 juin, les juges de la Cour ont suspendu la procédure. Pour les magistrats, l’accusé ne pourrait pas avoir un procès « juste ».

Jugement impossible en l’absence de toutes les pièces

La décision des juges est motivée par le refus des Nations unies de lever la confidentialité sur 156 pièces du dossier de Thomas Lubanga. Or ces pièces comporteraient des éléments susceptibles de disculper l’accusé ou d’alléger sa responsabilité et pourraient « avoir de l’impact » sur « la culpabilité ou l’innocence de l’accusé » écrivent les magistrats dans une décision de 44 pages. Ces pièces pourraient démontrer que « des enfants ont volontairement rejoint » les forces de Thomas Lubanga, « ou ont été envoyés par leurs parents », que l’accusé aurait par ailleurs participé à « la démobilisation des enfants soldats » au cours du conflit. D’autres éléments montreraient qu’il aurait été « intoxiqué » ce qui pourrait avoir « altéré sa capacité de contrôle ou de compréhension du caractère illégal de sa conduite ».

Les Nations unies bloquent la procédure

Ces pièces essentielles pour le dossier Lubanga ont été obtenues par le procureur suite à plusieurs accords de confidentialité passés avec les Nations unies, et notamment la Mission des Nations unies au Congo (Monuc). Le procureur avait expliqué aux juges qu’il n’aurait « pas été en mesure d’ouvrir une enquête en République démocratique du Congo sans les informations fournies par l’ONU en vertu d’un accord de confidentialité ». Or selon la procédure de la cour, qui prévoit une multitude de garde-fous en faveur des Etats, le procureur ne peut lever la confidentialité d’un document qu’avec l’accord du « fournisseur ». Mais en refusant de donner son aval, l’organisation des Nations unies bloque de facto le procès de Thomas Lubanga.

La raison d’Etat

Au cours d’une audience de procédure, tenue le 10 juin à La Haye, Jean-Marie Biju-Duval, l’un des avocats de Thomas Lubanga, avait estimé que « les archives des Nations unies devraient être ouvertes à tous. Le véritable scandale n’est pas du côté du procureur, arguait-il, mais du côté des Nations unies qui font obstacle à ce que des informations destinées à la vérité judiciaire parviennent aux juges et à la défense. Pourquoi du côté des Nations unies veut-on priver monsieur Lubanga de sa défense ? interrogeait-il. Qui veut-on protéger ? Quelles sont les puissances, les intérêts qui font dire aux Nations unies : nous ne voulons pas que des éléments soient divulgués à la défense. On ne peut pas faire valoir la raison d’Etat internationale sur les intérêts de la justice. Il n’y a qu’une seule solution : constater que le procès est impossible ».

Les juges ont retenu les arguments. A moins que les Nations unies décident finalement de lever la confidentialité sur ces pièces, ou que le procureur fasse appel de la décision, une nouvelle audience devrait se tenir le 24 juin pour débattre de la remise en liberté de l’accusé.

http://www.rfi.fr/actufr/articles/102/article_67503.asp


05.06.08 Séisme politique à Kinshasa :Kamerhe menacé de destitution, Kabila sur le point de livrer Mbusa Nyamwisi à la CPI ! (Congo1)

C’est un véritable tsumani politique qui pourrait frapper les institutions politiques congolaises si la motion de méfiance lancée contre Vital Kamerhe, président de l’Assemblée nationale, aboutit.

Alors que l’on croyait que d’ultimes manœuvres politiques étaient engagées pour contraindre à la retraire le premier ministre Antoine Gizenga, pour des raisons humanitaires, (le gourou du PALU a plus de 84 ans), c’est plutôt le président de l’Assemblée nationale qui risque de se voir défenestrer à la suite d’une motion qui circule dans les couloirs du Palais du Peuple de Kinshasa.

Et pour cause, la fameuse motion curieusement  initiée par l’Alliance pour la majorité présidentielle, plate-forme au service de Kabila Kabange, a été initialement signée par le député Mukonkole de l’opposition ( ?)avant de recueillir un nombre substantiel des signatures d’autres députés dont ceux de la fameuse AMP. Dès lors, il ne faut pas un dessin pour souligner que la guerre aux couteaux est au rendez-vous chez les Kabilistes et que Vital Kamerhe ne semble plus en odeur de sainteté au sein de sa famille politique.

Mais quel péché Kamerhe a-t-il commis pour que soit ouverte la voie du bannissement ce fidèle des fidèles de Kabila Kabange ? Il nous revient que la fameuse motion est une conséquence de l’implication de Vital Kamerhe dans les opérations de fourniture d’armes et munitions de guerre à Thomas Lubanga via Beni où trônait un certain Mbusa Nyamwisi. Le nom de Ntumba Luaba Lumu est aussi cité dans ce trafic qui se faisait au moment où Kamehe était commissaire général du gouvernement chargé des relations avec la MONUC. On rappelle que Kamerhe se déplaçait souvent, au nom des Kabila, vers Beni pour ravitailler le RCD-KML de Mbusa Nyamwisi, qui fut une rébellion contre la rébellion, ainsi que  Thomas Lubanga. C’est d’ailleurs ce dernier, signale-t-on, qui a dévoilé tous ces trafics illicites dans un livre blanc en signe de sa coopération avec la CPI. Un geste qui pourrait aider à diminuer la durée de la peine qu’il risque d’encourir à l’issue de son procès.

On explique que c’est cette diarrhée verbale de Thomas Lubanga qui expliquerait l’empressement de Jean Pierre Bemba de collaborer avec la CPI pour dénoncer aussi les autres seigneurs de guerre complices dont Olivier Kamitatu, ancien n°2 du MLC, et d’autres tels que Tambwe Mwamba et tous ceux qui ont été de loin ou de près impliqués dans la guerre absurde qui a déchiré et continue à déchirer le Congo à démocratiser.

Un conseiller de Kamerhe contacté par Congoone a confirmé l’information sur la motion visant son chef, mais s’est abstenu de se prononcer sur le fond de l’affaire. Il reste que si la motion de destitution de Vital Kamerhe aboutit, c’est que le dossier CPI est sérieux et va nul doute compromettre beaucoup de gens impliqués dans l’achat d’armes dans l’entourage de Kabila Kabange comme son mentor Augustin Katumba Mwanke. Il ne pourrait en être autrement étant donné qu’une source autorisée à Kinshasa révèle que le procureur près la Cour Pénale Internationale, Luis Moreno Ocampo, a lancé un mandat d’arrêt international contre Antipas Mbusa Nyamwisi, ministre des Affaires étrangères de Joseph Kabila. A présent, on attend la coopération de Joseph Kabila dont on dit qu’il a promis de faire le jeu à l’issue d’un remaniement gouvernemental annoncé comme imminent.

Toutes choses restant égales par ailleurs, les autres seigneurs de guerre n’ont qu’à bien se tenir quand on sait qu’il y a juste une semaine, le 29 mai dernier sur RFI, le belge Louis Michel, commissaire européen à l’aide et au développement, affirmait son souhait( ?) de voir la CPI allait jusqu’au bout de la logique pour préserver sa crédibilité auprès de l’opinion congolaise et internationale, en oeuvrant de manière à ce que tous les seigneurs de la guerre en RDC aujourd’hui tapis dans les institutions, alors qu’ils ne sont pas de politiciens, répondent de leurs actes, de leurs crimes.

Dans ces conditions, la communauté internationale qui a octroyé une prime de guerre aux seigneurs de guerre congolais en faisant de la gestion de la transition leur chasse gardée, à travers la formule 1+4 égale zéro, à tel point qu’avant élections égale après élections, devra ôter les Congolais d’un doute, celui de l’impunité garantie à ceux qui, sans qualité ni droit, ont versé inutilement le sang de leurs compatriotes.

Il semble évident que Bemba Gombo étant poursuivi par la CPI pour des péchés commis par les militaires du MLC à Bangui, Kabila Kabange ne pourra ne pas être tenu  pour auteur intellectuel des crimes commis par ses lieutenants, sous ses ordres. L’éviction de Kamerhe aura l’avantage d’ouvrir la boîte à pandore.

CongoOne, Mise en ligne le 05-06-08
http://www.congoone.net/Allstory.php?Id=1217

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Rutshuru : affrontements entre l'armée congolaise et les FDLR, 6 morts et 14 blessés

Nord Kivu | 05 Juin 2008 à 12:56:33

Des affrontements ont opposés mercredi l’armée congolaise de la 6ème brigade intégrée aux combattants FDLR à Mugogo, Rugarama et Kinyandoni, des localités situées au Nord-Est du chef lieu du Rutshuru. Bilan de ces affrontements 6 morts et 14 blessés parmi les déplacés du camp de Kinyandoni, selon des sources militaires sur place, indique radiookapi.net

06/02/2008 ALORS QUE LES CONGOLAIS SONT DISTRAITS PAR CERTAINES AFFAIRES, UNE CONFERENCE INTERNATIONALE EN COURS A KISANGANI VIENT DE DECIDER L IMPLANTATION ET "DE FACTO" LA NATURALISATION DES HUTUS RWANDAIS EN RDC, DANS UN PROVINCE TENUE SECRETE....

POURQUOI LE PARLEMENT, LE GOUVERNEMENT AINSI QUE LE SENAT CONTINUENT A ETRE COURT CIRCUITE DANS LA PRISE DE CERTAINES DECISIONS ADOPTEES, AU CONTRAIRE, PAR DES CONFERENCIERS SANS MANDAT et qui n ont de comptes à rendre à personne?
APRES LES DECISIONS SUICIDAIRES DE GOMA, VOICI LES DECISIONS EGALEMENT GRAVES PRISES PAR LA CONFERENCE DE KISANGANI.

CELA N EST IL PAS CONTRAIRE A LA CONSTITUTION?

POURQUOI DES DECISIONS FONDAMENTALES QUI CONCERNENT LA SITUATION SECURITAIRE DU KIVU SONT PRISE EN COULISSE ET PAR DES ORGANES ET DES PERSONNES NON MANDATES ET NE REPONDANT A AUCUN ORGANE POLITIQUE?
 Lisez:

02.06.08 APOSTROPHE : Epine au pied, par Ben-Clet (Potentiel)
On a beau tenir des Assemblées générales de l’Onu, des Sommets de l’Union africaine, ou des conférences des pays des Grands lacs, jamais «assembliers, sommetiers et conférenciers» n’ont daigné publiquement s’apitoyer sur le sort des populations hutus rwandaises disséminées à travers l’Afrique, au lendemain de la disparition tragique de Juvénal Habyarimana.

On peut attribuer la gêne d’évoquer la question à la mauvaise publicité - un cliché - qui les précède. Tous, sans exception, sont assimilés aux génocidaires Interahamwe FDLR.
Indexés par les maîtres du monde, ignorés par leurs frères africains, les Hutus rwandais en exil sont devenus des parias depuis 1994. Ils doivent non sans remords se rappeler la Bible, qui promet à peu près ceci : «Qui tue par la machette, périra par la clameur publique».

Fortuitement, une conférence leur a été consacrée à Kisangani, du 26 au 28 mai 2008. La liste des participants affichait les pays et organismes suivants : RDC, Union européenne, République sud-africaine, Banque mondiale, Monuc, OCHA, Haut commissariat aux réfugiés, Eglise du Christ au Congo/Sud-Kivu, deux groupes des rebelles hutus rwandais (RUD et RPR).

Après la rude palabre, la conférence a décidé, entre autres, d’accorder aux désormais ex-combattants RUD et RPR le droit à la «réinsertion dans la dignité». A cet effet, la RDC va créer deux sites pour «relocaliser» les candidats à la démobilisation. Les deux sites, dont la localisation géographique est tenue secrète pour des raisons «sécuritaires», se situeraient en dehors des provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et du Maniema.

Cet éloignement de la frontière congolo-rwandaise réduirait la menace rebelle hutu contre Paul de Kigali. En contrepartie, la poignée des ex-rebelles ayant accepté de se recycler dans la vie civile en … RDC, sera soignée aux petits oignons par la communauté internationale. Leurs enfants renoueront avec l’école. Les familles oublieront 14 ans de survie sous des feuillages pour loger sous un toit et pratiquer l’agriculture.

Le danger, c’est que les populations autochtones digéreront très mal la sollicitude toute maternelle de la communauté internationale envers ces étranges étrangers. La cohabitation imposée générerait des tensions ethniques et, au-delà, la xénophobie contre des citoyens rwandais en exil.

A tout prendre, les démobilisés Hutus rwandais réinsérés en RDC sont loin de ne pas constituer une épine de cactus dans le pied des Congolais.

Droits de reproduction et de diffusion réservés © Le Potentiel


REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO

DECLARATION DES PARTIS POLITIQUES DE L’OPPOSITION

Les Partis Politiques de l’Opposition ont appris avec consternation la nouvelle de l’arrestation en Belgique ce samedi 24 mai 2008, du Sénateur Jean Pierre BEMBA GOMBO, Président du Mouvement de Libération du Congo, MLC en sigle.

Au-delà des interrogations que suscite le mandat d’arrêt émis par la CPI en vue de procéder à cette arrestation, les Présidents des partis politiques de l’Opposition tiennent à exprimer leur solidarité à leur Collègue Président du MLC.

Face à cette injuste et rude épreuve imposée à un des principaux leaders politiques, les Partis Politiques de l’Opposition :

•    Demandent au Gouvernement Belge de suivre l’exemple de celles des forces politiques du Royaume qui partagent notre vision que l’arrestation du Sénateur Jean Pierre BEMBA GOMBO est politique et
qu’ il s’implique pour sa libération.

•    Constatent sans préjudices de la décision de la CPI que les faits mis à charge du Sénateur Jean Pierre BEMBA GOMBO par le procureur de la CPI sont ceux-là mêmes pour lesquels les rapports des Commissions ad hoc, des Nations Unies diligentés par le Conseil de Sécurité, notamment le Rapport Garreton, le Rapport Koffi Amega qui avaient demandé la création d’un Tribunal Pénal International pour la République Démocratique du Congo, faits qui avaient été mis en charge dans certain nombre de personnalités à ce jour libres de tout mouvement.

Que dire alors des auteurs et instigateurs des massacres  et crimes perpétrés  à MAKOBOLA, TINGI TINGI, MBANDANKA, MWENGA, ANKORO, MABOYA, RUBARE dans le Nord KIVU et dans certaines localités du Bas Congo.

•    S’insurge par conséquent contre cette politique discriminatoire de deux poids et deux mesures de la CPI dans le traitement des dossiers judiciaires relevant de sa compétence.


•    Considère de lors que la démarche de la CPI est tout simplement dictée par des considérations politiciennes.
Par ailleurs, les Partis Politiques de l’Opposition constatent avec étonnement que M. Ange Félix PATASSE, ancien Président Elu de la République Centrafricaine, Chef Suprême des militaires mis à sa disposition par le MLC, qui avait invité entre autres les troupes de Jean Pierre BEMBA  à sa rescousse pour mater la rébellion de M. BOZIZE, n’a jusque là jamais fait l’objet d’une interpellation quelconque de la CPI.

Toutefois, il est important de souligner qu’aussitôt informé des faits, Jean Pierre BEMBA GOMBO, Président du MLC, avait en son temps diligenté une enquête portant sur les faits imputés aujourd’hui à ses troupes.

Sur base des conclusions de cette enquête,  un procès public avait été établi  en bonne et due forme en présence notamment de la MONUC et les coupables ont été condamnés.

Par cet acte de courage posé par Jean Pierre BEMBA, le Partis Politiques pensent que ce dernier devrait jouir du bénéfice de la bonne foi de la part de la CPI.

A cet effet, les Partis Politiques de l’Opposition lancent un appel pathétique à notre peuple pour qu’il se mobilise comme un seul homme en vue de faire échec aux provocations de certaines forces qui, en Belgique, voudraient sacrifier le Sénateur Jean Pierre BEMBA GOMBO pour des intérêts inavoués.

Enfin, les Partis Politiques de l’Opposition, appuient la marche pacifique projetée par le MLC pour ce week-end afin d’exiger la libération par la Belgique du Sénateur Jean Pierre BEMBA GOMBO et rappellent à tous les Gouverneurs des Provinces le respect scrupuleux de la Constitution en matière de manifestations publiques.

Fait à Kinshasa, le 30/05/2008

Pour les Partis Politiques de l’Opposition,

DC – Diomi Ndongala
PUNA – Ezuluwa
DDN-Idambito
  MDCO – Mokia

Les Verts
MDD – Munongo

FONUS – Emery Okudji
 FCN - Kamanda     
MPR-FP – Nsimba 
        
CCD - Lisanga        



Ce que je pense de l'arrestation de Jean-Pierre Bemba


Par Kä Mana
Philosophe et théologien


J'ai appris l'arrestation du sénateur Jean-Pierre Bemba au petit matin du dimanche 25 mai, sur les antennes de RFI. Comme si je ne voulais pas croire mes oreilles ni prêter foi à une information pourtant fiable diffusée par une radio internationale que j'écoute chaque matin, je fus envahi par une fureur soudaine, complètement irrationnelle. Un sentiment d'orage où la révolte, dlindignation et l'envie de protester, me plongeaient dans une colère de cyclone, alors que j'avais toujours nourri jusque-là une attitude de distance froide par rapport au destin politique du chef du MLC et à ses choix souvent contestables.

Sur le champ, je n'ai pas saisi le sens de cette fureur et de cette colère en moi. Je n'ai même pas cherché à me dégager de l'emprise incompréhensible que ce que je venais d'entendre exerçait sur tout mon être. Je sentais tout simplement que la nouvelle que je venais d'entendre était d'une extrême gravité et que notre pays subissait une sorte de tremblement de terre politique de la plus haute magnitude.

C'est progressivement, quand j'ai retrouvé mes esprits en cherchant à comprendre la signification de l'arrestation de Jean-Pierre Bemba, que j'ai perçue pourquoi ma réaction fut celle d'une terreur non maîtrisable et pourquoi il fallait sortir absolument de cette terreur pour regarder les réalités avec toute la lucidité réflexive nécessaire.

LE VRAI CRIMINEL N'EST PAS CELUI QUE VOUS CROYEZ

Malgré le fait que la menace d'être présenté devant la Cour pénale internationale pesait depuis un certain temps sur la tête de Jean-Pierre Bemba, rien ne laissait penser qu'un pays prendrait l'initiative d'arrêter le chef de l'opposition congolaise. Tous les débats concernant son destin politique tournaient autour de la possibilité de son retour au pays natal, dans la perspective d'une pacification du champ politique congolais et de la réconciliation entre le pouvoir et l'opposition, pour un fonctionnement calme et harmonieux des institutions de la troisième République. Il semblait même impensable que la Belgique, ce pays où le sénateur congolais dispose des soutiens solides et des parrains puissants, puisse décider que le chef de l'opposition de la RDC se retrouve neutralisé et mis hors course pour les « événements de Bangui ». Ces événements dont on croyait qu'ils avaient été analysés politiquement dans tous les sens en RDC, pour disculper le président du MLC et le mettre à l'abri de tout soupçon concernant son implication personnelle dans les crimes commis par ses troupes en RCA. Ayant été un acteur décisif dans le dialogue inter-congolais, un homme politique exemplaire qui a joué le jeu de la transition « 1+4 », des élections et de la mise sur pied des institutions de la troisième République en toute honnêteté, Jean-Pierre Bemba pouvait estimer que le procès en cannibalisme et en crimes contre l'humanité que ses ennemis politiques agitaient à tout moment n'était que mensonge et poursuite du vent. Comme vice-président de la République, il avait sûrement eu toutes les garanties de la part des faiseurs de rois au Congo pour pouvoir circuler tranquillement, comme il l'a fait jusqu'ici, sans aucune peur d'être inculpé par qui que ce soit. Je suis indigné de voir que cette confiance a été trahie en Belgique, là même où se préparaient les perspectives du retour du sénateur congolais à Kinshasa, dans les cadres des discussions avec le « prince » régnant.

Placé dans cette lumière, l'arrestation de Jean-Pierre Bemba n'est, ni plus ni moins, qu'une manœuvre de basse classe, un coup de traître qui poignarde un ami dans le dos. C'est une trahison de la part de la Belgique. Une trahison non pas seulement à l'égard de l'individu et de l'acteur politique qu'est Jean-Pierre Bemba, mais à l'égard de tout le peuple congolais qui considère le chef du MLC non comme un criminel passible d'une lourde peine devant les tribunaux nationaux ou internationaux, mais comme un responsable politique bénéficiant de la confiance d'une grande partie de la population. Un responsable digne d'être considéré comme un potentiel président de la République.

Que la Belgique décide d'arrêter cet homme et de le livrer à la Cour pénale internationale manifeste tout ce que ce pays enferme d'hypocrisie, de machiavélisme, de mensonge permanent et de manque de considération pour le peuple congolais. Au fond, depuis notre « indépendance », et bien avant, la Belgique a eu tendance à soutenir les pouvoirs en place contre les intérêts de notre peuple. Sa politique à l'égard de Mobutu a livré notre pays à un long règne du crime contre l'humanité, sans que les autorités belges ne menacent un seul instant Mobutu d'un procès auprès de qui que ce soit à l'échelle internationale. De même, dans le contexte actuel de tension avec sa « néo-colonie » congolaise, le pouvoir belge aura du mal à convaincre qu'il ne vient pas de sacrifier Jean-Pierre Bemba pour donner l'assurance à Joseph Kabila qu'il sera toujours, s'il le désire, « l'enfant choyé du Royaume ». Un enfant un peu nerveux ces derniers temps, mais dont on calme la nervosité en lui livrant sur un plateau la tête de son seul adversaire politique sérieux.

A mes yeux, un pays dont les autorités sont capables de se comporter comme les autorités belges viennent de le faire concernant Bemba est un pays peu fiable, dont tous les Congolais et toutes les Congolaises devraient se méfier. D'ailleurs, si les nations et les gouvernements dans leur ensemble pouvaient être traduits en justice devant la CPI, la Belgique aurait dû y être pour ses crimes contre l'humanité au Congo. Malheureusement, nous ne sommes pas encore dans un tel cas de figure. Nous ne pouvons dénoncer ici que l'état moral inquiétant que la Belgique manifeste dans sa gestion du problème « Bemba » quand, d'un côté elle envoie Louis Michel à Faro au Portugal tranquiliser le leader du MLC, et de l'autre, elle active les mécanismes de la justice pour arrêter le même Bemba et l'envoyer à la Cour pénale internationale.

UN LYNCHAGE MEDIATIQUE IRRESPONSABLE

L'autre choc qu'a eu sur moi l'arrestation de Jean-Pierre Bemba, c'est la manière même dont les médias rendent compte des crimes du leader congolais en Centrafrique. Sans aucun souci de lien entre les comportements des militaires du MLC appelés par le président Ange Félix Patassé pour sauver son pouvoir chancelant et l'implication réelle ou présupposée du chef militaire Bemba dans l'action sur le terrain, tout est présenté comme si les massacres et les viols organisés étaient directement planifiés, de sang froid, par ce chef militaire lui-même, dans un machiavélisme démoniaque et monstrueux.

On a l'impression que la cour internationale de justice va juger un monstre sexuel antédiluvien, qui aurait fait des ravages libidineux sur des petites vierges sans défense, des filles qu'il aurait égorgées après avoir cruellement abusé de leur innocente. Pourtant, nous savons qu'un procès sur les événements de Bangui a eu lieu au sein même des milices de Jean-Pierre Bemba. Des exécutions capitales y ont eu lieu. Des sanctions ont été vigoureusement infligées aux responsables des viols et des carnages. Malgré les manipulations de ce type de procès et les réserves que l'on peut émettre quant à leur signification, il est clair au moins que le sénateur du MLC n'y est pas apparu comme le monstre que les médias décrivent en inventant maintenant un coupable parfait à présenter à la Cour pénale internationale.

J'ai éprouvé une profonde révulsion face à cette construction de l'image du « criminel parfait », surtout quand les médias, avec témoins à la clé, veulent rendre compte de ce qui s'est tragiquement déroulé à Bangui, à la demande du président Ange-Félix Patassé. Curieusement, celui-ci est à peine cité aujourd'hui alors qu'il était, à cette époque-là, le vrai moteur de l'intervention des troupes de Bemba en RCA. Ce silence sur le cerveau de l'opération est significatif : il permet d'éviter d'intégrer les problèmes des « crimes » de Bemba dans le contexte global de la crise de l'Afrique centrale. Une crise où des crimes aussi abominables que ceux de Bangui ont été perpétrés, à plus grande échelle encore, avec un bilan catastrophique qui pourrait conduire à la Cour pénale internationale des chefs militaires, des hauts responsables politiques et même des chefs d'Etat toujours en fonction.

UN OUBLI INCOMPREHENSIBLE

Ce qui m'a le plus choqué comme congolais dans l'arrestation de Jean-Pierre Bemba, c'est l'oubli de ce contexte global dans lequel s'inscrivent toutes les accusations portées contre lui. L'oubli surtout de tous les acteurs du système criminel dont notre pays, plus que la RCA, a payé et paie encore aujourd'hui le prix le plus fort, avec 3 à 4 millions de morts pour lesquels on ne demande pas justice face à leurs assassins, face surtout à tous les prédateurs et pilleurs actuels qui massacrent encore le peuple en le maintenant dans la misère, dans l'abandon social et dans l'indigence absolue.

Tout se passe comme si on voulait juger l'individu Bemba sans du tout lier ses actions au système de guerre dans lequel se sont retrouvés la plupart de ceux qui sont aujourd'hui aux affaires au Rwanda, en Ouganda, en RDC et en RCA. S'il y a eu crime et s'il doit y avoir châtiment, je trouve regrettable que tous les acteurs du système ne soient pas indexés comme criminels présumés. S'en tenir à « Bangui 2002 » en oubliant toutes les stations de massacres qui jalonnent le destin de l'Afrique centrale ces dernières années, c'est prendre l'arbre pour la forêt. Le système pénal international tel qu'il fonctionne actuellement a tendance à verser dans ce défaut et à nous faire croire qu'il y a eu des crimes sans système criminel et que quelques boucs émissaires choisis au gré de certaines personnes suffiront à calmer les haines et à donner l'impression que justice a été faite. Il n'en est rien. Nous devons avoir le courage d'analyser tout le système du crime, d'en dénombrer tous les acteurs, de mesurer les responsabilité s des uns et des autres et de penser le droit non seulement en terme de punition des criminels, mais la possibilité d'une réconciliation pour bâtir une nouvelle société.

Il est frappant de voir que l'arrestation de Bemba est présentée toujours en termes de « crime et châtiment », et non en celui de « vérité et réconciliation », ou plus exactement en terme de « justice, vérité, paix et réconciliation ». Je crains que la Cour pénale internationale soit conçue selon un système culturel qui ne pourra jamais nous aider en Afrique à résoudre les problèmes de fond que posent le système criminel qui s'est installé dans nos sociétés et que l'on a vu ces derniers temps en œuvre au Libéria, en Sierra Leone et au Rwanda, avant l'embrasement de la RDC et de la République centrafricaine.

Sommes-nous sûrs que la CPI soit le lieu juridique le plus indiqué pour traiter des crimes comme ceux qui sont reprochés à Jean-Pierre Bemba et qui exigent une logique plus humaine que celle du crime et du châtiment ? J'en doute fortement. Et j'ai raison d'en douter dans la mesure où le mode de fonctionnement de cette cour est trop lié aux jeux d'intérêts politiques de l'ombre pour pouvoir en même temps dire le droit, restaurer une société dans son être et lui redonner toute la force de ses harmoniques de fond, de ses utopies de paix globale et durable.

CE QU'IL FAUT MAINTENIR

Dans la réflexion que je mène ici, je n'aimerais qu'on ait l'impression que je veux défendre Jean-Pierre Bemba en le lavant de tout soupçon concernant ses responsabilité s comme chef de guerre. Il ne s'agit pas de cela. Je suis plutôt convaincu que son arrestation représente une bonne leçon de choses pour tous ceux et toutes celles qui s'engagent dans la voie de la violence comme manière de gérer les problèmes de nos sociétés. Tous et toutes devraient savoir que « nos actes nous suivent » et que nous sommes responsables de tout se qui se fait en notre nom partout où on le fait. Tous et toutes doivent apprendre que des institutions internationales fonctionneront désormais sur le long terme et qu'elles pourront poursuivre tout criminel, où qu'il soit, pour qu'il rende compte de ce qu'il a fait contre l'humain. Qui que l'on soit, chef d'Etat ou chef d'armée, homme d'affaires ou dirigeants religieux, on devrait savoir qu'on est, tous et toutes, logé à la même enseigne et que l'œil de la justice nous regarde dans la conscience, désormais mondiale, qui est celle de l'humanité tout entière.

Il ne faut pourtant pas que la justice à faire valoir dans ces conditions soit celle de la raison du plus fort, ni celle de l'hypocrisie et du mensonge, ni celle de la double vérité et du double langage, ni celle du châtiment qui détruit au lieu d'être celle de la vérité qui libère et qui réconcilie.

Maintenant que Bemba est dans les mailles de la justice internationale, il est de notre devoir de tout faire pour que la justice devant laquelle il se présentera puisse être une justice qui dit le vrai, qui met en lumière toutes les responsabilité s, et qui s'inscrit moins dans la perspective du châtiment que dans celle de la construction de l'avenir sous le signe de la réconciliation et de la paix. Une telle justice ne peut pas concourir à l'élimination politique du chef du MLC, comme beaucoup de ses adversaires et ennemis l'escomptent maintenant. J'espère qu'elle ouvrira de nouvelles perspectives pour une politique de l'humain où Jean-Pierre Bemba retrouvera sa place non pas comme un gladiateur impitoyable et un chef de guerre sans pitié, mais comme un homme converti à l'essentiel de l'humain par l'épreuve qu'il aura traversée.

http://www.f-ce.com/cgi-bin/news/pg-newspro.cgi?id_news=9428

27.05.08 Jean-Pierre Bemba arrêté au lendemain du rappel de Jean-Pierre Mutamba. Simple coïncidence? (CulK)

Le sénateur congolais, candidat malheureux aux élections présidentielles de la RDC, Jean Pierre Bemba a été arrêté ce samedi soir par la Belgique, en exécution d'un mandat d'arrêt délivré le même jour par la CPI. Simple coïncidence ou marchandage, il se fait que c'est ce même samedi qu'à été rendu public la décision de fermeture du consulat de la RDC à Anvers et du rappel pour information de l'ambassadeur du Congo en Belgique par son gouvernement. Il est difficile pour le commun des mortels que nous sommes de ne pas faire un lien entre ces deux évènements "fortuites".
La nouvelle de l'arrestation de Jean Pierre Bemba n'a laissé personne indifférent dans les rangs de l'opposition congolaise de Belgique. Les réactions ont été d'abord l'incrédulité, ensuite la surprise, et enfin la colère face à ce que tous ressentent comme un marchandage politique ou un gage donné au pouvoir de Kinshasa.


La publication tard la nuit du mandat d'arrêt émis par le procureur de la CPI, Luis Moreno, jettera un nouvel éclairage sur le déroulement des évènements, sans lever le brouillard qui entoure toutes cette opération.

Dans ses motivations le procureur affirme que les troupes de Jean Pierre Bemba sont entrés en RCA sur invitation du président Ange Felix Patassé afin de lui apporter assistance contre la rébellion conduite par François Bozize qui menaçait alors de le "renverser"(ndlr de manière non démocratique)...
Arrêtons-nous sur ce point là. Si ce que Jean Pierre Bemba a fait est un crime contre l'humanité, alors pourquoi est-ce que l'Angola, le Zimbabwe, la Namibie, l'Erythrée, la Belgique, la France, le Rwanda, le Burundi, l'Ouganda, la MONUC, l'EUFOR... tous ces pays et organisations qui sont intervenues à un moment où un autre dans le conflit congolais, causant plus de quatre millions de morts, perpétrant les pires atrocités contre des populations civiles en majorité; pourquoi donc monsieur Luis Moreno n'a pas encore entamé un seul debut d'enquête? La vie des congolais vaut-elle moins que celles de centre africains? Pourquoi arrêter d'abord Jean Pierre Bemba alors que Ange Felix Patassé est encore là et ne rêve que d'une chose de s'expliquer avec son pourfendeur? Comment expliquer que François Bozize, rebelle de son état, ne soit pas inquiéter outre mesure alors que sans sa volonté de prendre le pouvoir par les armes dans son pays, il n'y aura jamais eu de guerre, donc d'intervention des troupes du MLC dans ce conflit.

Le viol est un crime grave, le pilage aussi, les tueries des civils n'en parlons pas. Si les congolais sont dans la rue chaque jour ici, si des personnes ont chois de tout sacrifier pour revendiquer la justice pour toutes ces victimes innocentes, ce n'est pas pour cautionner aujourd'hui des actes de vols ou autres crimes contre l'humanité. Mais ce qui nous heurte dans le cas qui nous occupe actuellement c'est l'instrumentalisation d'un acte légitime pour régler des comptes politique obscure. Si Jean Pierre Bemba est un criminel de guerre comme tend à le dire le procureur Luis Moreno, alors Joseph Kabila, le président François Bozize, tous les présidents des pays frontaliers du Congo le sont aussi.
Il faudrait déposer des plaintes afin d'ouvrir des affaires contre tous en application de la demande de l'opposition radicale en 2005 d'interdire la participation au processus démocratique à toutes personnes qui a le sang dans les mains. A l'époque la réponse qui nous avait été faite était qu'au nom de la paix, il fallait accepter de faire des concessions...

Tout laisse à penser que Jean Pierre Bemba est le fruit d'un marchandage abject entre certains milieux politico-économiques belges et le régime Kinshasa. Ce ne serait pas la première fois; tout le monde se souvient de la façon dont des célèbres opposants à Mobutu lui ont été "livré"(au propre comme au figuré) mort ou vif par les services secrets des pays occidentaux. Nous pouvons citer l'assassinat mystérieuse de Moïse TSHOMBE, le retour incompréhensible de Mulele, la fin de l'exil de Ngunz-a-Karl-i-bond, le retour avorté d'Étienne Tshisekedi en 1991...

L'arrestation de Jean-Pierre Bemba constitue dans tous les cas de figure, un précédent fâcheux pour la liberté démocratique au Congo. Cette affaire risque d'avoir pour effet de vider encore plus les rangs de l'opposition démocratique intérieur et gonfler ceux de l'opposition extérieure. Et donc renforcer le régime Kabila. A suivre...

Désiré Katompa

Un nouveau cap dans la lutte contre l’impunité
(Le Soir 26/05/2008)

Jean-Pierre Bemba est de loin le plus gros « poisson » congolais tombé entre les mains de la Cour pénale internationale, qui ne s’était attaquée jusqu’à présent qu’à des seconds couteaux. Avec cet emprisonnement, la lutte contre l’impunité franchit un nouveau cap, et nombreux sont les chefs de guerre qui, à l’avenir, dormiront un peu moins bien, au Congo ou ailleurs. De même, on peut penser que les innombrables « petits chefs » qui n’ont toujours pas remis leurs armes réfléchiront à deux fois avant de se lancer dans de nouvelles aventures.

À long terme, la Cour pénale internationale contribue à la paix : son action aura un effet dissuasif sur tous les criminels. Mais, à court terme, l’action de la CPI pourrait susciter des tensions : les Belges vivant au Congo risquent de faire les frais de l’arrestation de Bemba, si leur gouvernement était accusé d’avoir « livré » l’ancien rebelle, tandis que les dirigeants de groupes armés, avec lesquels des discussions se poursuivent, vont redoubler de circonspection. De plus, la communauté internationale devra choisir entre l’exigence de justice et le pragmatisme politique : comment peut-on, à la fois, se féliciter de l’arrestation de Bemba et prôner un dialogue politique avec Laurent Nkunda, coupable des pires exactions, qui refuse de livrer à la CPI son commandant militaire, Bosco Ntaganda, d’origine rwandaise, vétéran de toutes les guerres de la région… Lorsque Kabila avait voulu réduire militairement le général félon, qui défiait l’autorité de l’État, il s’est trouvé confronté au veto actif des Occidentaux…

À Kisangani ces jours-ci sont réunis des commandants hutus, venus des forêts du Kivu ou ramenés de la diaspora, où ils ont terrorisé les populations congolaises après avoir participé au génocide au Rwanda. Comment les convaincre de déposer les armes sinon en leur promettant une impunité qui, à juste titre, est refusée à bien d’autres ?

Si l’action de la CPI peut avoir un effet préventif, elle risque de compliquer les relations internationales et d’inciter les chefs de guerre d’Afrique et d’ailleurs à s’accrocher au pouvoir ou à se terrer dans leurs fiefs, pour continuer à bénéficier d’une impunité découlant soit de leur fonction, soit de leur puissance de feu…

COLETTE BRAECKMAN

lundi 26 mai 2008, 07:02

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RDCongo: Jean-Pierre Bemba arrêté à Bruxelles à la demande de la CPI 

   
L’ex-vice-président de la RDC), Jean-Pierre Bemba, a été arrêté samedi soir dans la banlieue de Bruxelles à la demande de la Cour pénale internationale (CPI), a indiqué la conseillère du procureur de la CPI Béatrice Le Fraper à l’AFP.

Jean-Pierre Bemba a été arrêté vers 22H00 (locales), samedi 24 mai, dans la banlieue de Bruxelles. Il doit être présenté dans les prochains jours à un juge belge. Nous nous attendons à ce que les autorités belges le transfèrent à la CPI dans les prochaines semaines", a déclaré Mme Le Fraper.
Le mandat d’arrêt contre M. Bemba contient deux charges de crimes contre l’humanité et quatre charges de crimes de guerre, qu’il aurait commis en République centrafricaine. M. Bemba s’était réfugié au Portugal après sa défaite aux élections présidentielles d’octobre 2006 et est accusé de haute trahison en RDC depuis juin 2007.

(D’après AFP)
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Guerre des nerfs entre Kinshasa et Bruxelles : Kabila craque, ferme le consulat d’Anvers, rappelle son ambassadeur, et puis ?
Par Raymond Luaula


Joseph Kabila Kabange qui avait sommé ( ?) la Belgique de définir le type de relations qu’elle voudrait avoir avec l’ex-Congo Belge à la suite des propos du ministre belge des affaires étrangères dénonçant la corruption et l’impunité (lire congoone.net, édition mise en ligne le 23 avril 2008) a craqué à la suite des récentes déclarations du même ministre belge des Affaires étrangères faites en Chine à travers lesquelles il mettait en exergue un droit moral de la Belgique sur la gouvernance congolaise.

Tirant les conséquences des propos tenus par Karel De Gucht à Pékin, le gouvernement de Kabila Kabange réuni vendredi dernier a décidé de rappeler son ambassadeur à Bruxelles et de fermer le consulat d’Anvers. C’est, dit-on à Kinshasa, une manière de protester énergiquement contre les déclarations de Karel De Gucht et de rappeler à Bruxelles que le Congo à démocratiser est un pays souverain qui ne peut s’accommoder d’une tutelle quelconque.

Le gouvernement de Kabila entend également évaluer la nécessité de la coopération avec la Belgique. S’agit-il d’une musculation ou d’une volonté de récuser toute critique sur la mal gouvernance qui gangrène le pouvoir des Kabila ? La question ne manque pas d’intérêt quand on sait que face aux préoccupations des parlementaires belges qui déploraient plutôt la forme que le fonds du dernier discours de De Gucht à Kinshasa, ce dernier avait révélé que Kabila lui avait dit : « si ça continue comme ça, je vais vous rembourser votre argent ».

Dans un pays où sur les 250 millions de dollars que le gouvernement reçoit annuellement du secteur minier, il n’y a que 30 millions dans le budget de l’Etat, il serait absurde de dénier à ceux qui débloquent des centaines des millions d’euros des contribuables européens d’élever la voix quand la mauvaise affectation des ressources financières du pays est avérée comme c’est le cas au Congo des Kabila..