|
Kinshasa,
le 20
février 2006 Grande Salle des Congrès du Centre
Kimbanguiste de Kasa-Vubu
Discours d'Ouverture du
Congrès
Mes
chers amis,
Je
souhaite la bienvenue à nos militants membres des instances
sortantes, délégués ou invités à
cette séance et j'exprime le vœu que ce congrès que nous
dénommons "le Congrès de la
Générosité" puisse se dérouler
dans la sérénité, dans l'esprit
d'engagement et de haute conscience patriotique qui caractérise
notre Parti.
Je
veux également remercier toutes les personnalités
politiques, très nombreuses dans cette salle, qui ont voulu
marquer, par leur présence, ce rendez-vous historique de notre
parti, la Démocratie
Chrétienne.
Je veux
remercier les ambassadeurs et les représentants diplomatiques
qui nous ont fait l'amitié d'êtr e là, ainsi que les
délégations des partis membres de la grande famille de
l’IDC, Internationale des partis du Centre. En
particulier nous saluons
la présence à Kinshasa de M. Marrone et M. Mayi au nom de
la Démocratie Chrétienne italienne.
Je veux saluer les
responsables très importants d'associations et églises
qui nous honorent par leur présence.
Mais l'essentiel du
message que je voudrais adresser, c'est à vous qu'il s'adresse, vous, militantes et
militants de la D.C.
Merci
de votre soutien, de votre amitié, de votre énergie, de
votre enthousiasme.
Merci à tous les représentants des provinces
du Congo Démocratique qui ont fait un long voyage pour prendre
part à ces assises et qui se dévouent sans compter, avec
générosité chaque jour au service de notre
idéal commun.
Je veux saluer fraternellement les cadres de notre parti. Vous
êtes notre force, notre avant-garde, notre meilleur moyen d’agir.
Bienvenue à tous ceux qui n’ont jamais milité et qui sont
avec nous pour la première fois, par sympathie, parce qu’ils ont
l’espoir que les choses vont changer.
Nous
ne vous décevrons pas. Elles vont effectivement changer.
D.C.
D.C
D.C
J’ai appris tout au long de ces années d’engagement politique –
désormais une vingtaine - années marquées par des
turbulences extrêmes pour le Congo, transitions, guerres,
souffrances atroces pour notre peuple, qu’il y a beaucoup
d’épreuves sur la route de celui qui a une vision constructive
pour ce pays, car les défis sont nombreux et ils pourraient
apparaître comme insurmontables à ceux qui n’ont pas la
foi.
Je
n’ignore nullement que les attaques les plus rudes nous seront plus que
jamais réservées. Je connais la difficulté des
épreuves qui nous attendent dans les mois à venir.
Mais
tout sera désormais plus simple si nous
serons unis !
Et notre force sera d’être ensemble et de le rester. Grâce
à vous, je suis prêt à relever tous ces
défis, à affronter sans me dérober toutes ces
attaques, à porter votre énergie, à incarner vos
espoirs et ceux du parti qui nous est cher.
Je
suis prêt comme jamais sans doute je ne l’ai été.
Je
suis prêt parce qu’au plus profond de moi-même
je sais que le Congo ne redoute plus le changement mais qu’il l’attend
de toutes ses forces.
Je sais qu’il faut faire renaître l’espoir dans
nos cœurs parce que les peurs sont nombreuses.
Je
sais qu’un nouveau monde se dessine autour de nous, qui
fait naître des inquiétudes. Mais ce n’est pas en se
voilant la face que nous aiderons les Congolais à surmonter
leurs craintes, à les affronter et enfin à
les vaincre.
Il faut dire la vérité. Avoir le courage de regarder les
problèmes en face.
Notre
devise demeure « Vérité et Justice pour
le Congo » et nous ne devons jamais l’oublier.
Pour redonner de la considération à la politique, il faut
commencer par dire les choses telles qu’elles sont sans se demander si
cela sera ou non « dérangeant » pour
quelqu’un.
"La vérité
vous rendra libres."
"La vérité vous affranchira."
(Jean 8:32)
Je sais qu’il faut redonner de la force, du contenu, de la noblesse,
à l’action politique. Je sais que les militants de la D.C.
attendent
un projet politique et sociale « mobilisateur »
qui
leur redonne confiance à la fois sur le plan collectif et sur le
plan individuel.
Un
« New
Deal »
pour le Congo du 21ème siècle.
Voici la mission première de la Démocratie
Chrétienne
et de toutes les forces politique qui voudront nous accompagner dans
cette aventure exaltante.
Beaucoup de nouveaux équilibres sont en train de se
construire au Congo Démocratique, en Afrique
et dans le monde.
Grâce à des hommes et femmes d’exception comme Simon
KIMBANGU, Monseigneur Christophe MUNZIHIRWA,
Monseigneur Emmanuel KATALIKO et tant d’autres, les Congolais ont aussi
écrit leur propre histoire – celle dont
parlait LUMUMBA - et retrouvé leur fierté, malgré
les épreuves, les humiliations et les souffrances qu’ils
continuent d’endurer.
« PASI
ESILI TE »
jusqu’au jour d’hui. Nous le chantons entre nous, comme pour envoyer un
message « codé » envers les
autorités qui « règnent » sans
effectivement « gouverner ».
Néanmoins, c’est à partir de ces exemples historiques d’abnégation
que nous pouvons construire notre avenir, dans
une démocratie gouvernante et non
« gouvernée ».
Les Congolais en ont assez qu’on leur dise que, par leur faute ou parce
que nous sommes un jeune pays dont les richesses naturelles font
l’objet de convoitise de beaucoup de monde, qu’il
est impossible de changer l’ordre des choses ! Les
rhétoriques xénophobes et les théories
des boucs émissaires ne convainquent plus les congolais.
Ceux
qui utilisent ces arguments le font le plus souvent parce que le
« statu quo » les arrange, parce que
l’immobilisme c’est leur confort. Le « statu
quo » ne sera jamais le mot d’ordre de la D.C,
mais il sera son premier adversaire !
A
force de dire qu’il n’y avait rien à faire, nombre de
Congolais ont renoncé à s’engager en politique car ils
ont associé la politique aux anti-valeurs. Ce n’est pas la
politique qui ne passionne plus. C’est la façon dont nous la
concevons et la pratiquons qui n’intéresse plus.
A la D.C.,
nous voulons que chaque membre puisse être avant tout
un homme libre. Libre de penser,
de proposer, d'imaginer, de débattre.
Par-dessus
tout je voudrais que tous nos adhérents
soient rassemblés autour de nos idéaux. Je
voudrais que chacun comprenne qu’il a sa place et qu’il trouvera
à utiliser ses talents. Voilà pourquoi j’ai
choisi de vous adresser un discours de mobilisation, d’orientation
générale plutôt qu’ un discours – programme, un
discours basé sur notre histoire ou bien un discours « protocolaire ».
Nous
devons regarder vers l’avenir.
C’est
pour cela qu’il vous incombera de projeter, dans ce Congrès,
l’avenir de notre parti.
Nous
serons libres et nous serons ensemble.
Personne ne doit avoir le sentiment d'être laissé de
côté, d'être inutile, d'être isolé.
Ni
les femmes, ni les jeunes et encore moins les plus démunis,
cette majorité de congolais qui vit avec un dollar par jours de
revenu moyen.
Il nous faut changer, non par amour stérile du changement, mais
parce que les Congolais attendent autre chose que des discours du
passé, des solutions mille fois utilisées ou des mots
vides de sens pour eux et par rapport à leurs problèmes
concrètes.
Ils
exigent que nous les aidions à comprendre l’avenir, et
par-dessus tout à le bâtir « pour
eux » et « avec eux ».
Oui,
chers frères et sœurs congressistes, nous avons l’ambition de
projeter « un leadership démocratique »
pour le Congo, et c’est un très grand défi pour notre
pays
en ce moment.
Comment ne pas les comprendre, tous ces citoyens
congolais désorientés par une société
où il est si difficile de trouver des repères?
Sans
travail, sans éducation et surtout, sans perspectives d’avenir
….. Et cet état d’abandon concerne en premier lieu notre
jeunesse, qui sera au centre de notre attention, car elles attend des
solutions concrètes : éducation, travail,
sécurité, santé.
<>
Comme
nous avons l’habitude de répéter, à
la D.C.
l’homme ne peut qu’être au centre du plan économique.
Nous refusons cette vision binaire qui voudrait continuer à
opposer la « réussite
économique » et le « progrès
social ». L’idéal de justice sociale est
complémentaire de l’efficacité économique. C’est
cela notre premier dogme économique
Nous
allons bâtir un projet politique, non pas seulement
« pour les congolais », mais mieux,
« autour d'eux »
car les congolaises et congolais doivent être au cœur de toutes
nos projections politiques.
Pour élaborer ce nouveau modèle de reconstruction, il
nous faut faire de l’éducation, du savoir, de
l’intelligence, de la recherche, de l’innovation, de la défense
nos priorités stratégiques.
Nous devons avoir conscience que rien d’utile ne
pourra être mis en œuvre si nos enseignants, par exemple, ne
se sentent pas associés à cet effort. Leur place dans la
société doit être clarifiée. D’un
côté on leur demande tout : préparer à un
métier, suppléer les familles, former des citoyens. Rien
que cela. De l’autre, dans la hiérarchie sociale, on ne cesse
d’accompagner leur affaiblissement et même leur
clochardisation ! Le même discours vaut pour nos
fonctionnaires, nos forces de
sécurités, nos magistrats et notre personnel de
santé.
« Réhabiliter
le travail » :
voilà une idée phare de notre programme.
Réhabiliter
le travail
c’est donner à chacun le goût de l’initiative en
l’encourageant à créer son entreprise, son petit
commerce, sa petite exploitation agricole, son cabinet.
Encourager
cela signifie assurer celui qui prend des risques – congolais ou
investisseur étranger - qu’en cas de réussite il en aura
la juste rémunération, dans un climat de
sécurité juridique qui reste à établir.
Pour
relever tous ces défis et tant d’autres qui restent à
explorer, la RDC a besoin de forces politiques et sociales capables de
pacifier durablement le Congo.
Pas
de paix « au bout des fusils » ou bien celle
des «ex- belligérants » toujours
à la tête de leurs milices, pas celle des conciliabules
stériles et des privilèges indus, des cabales et de la
loi du plus fort.
Mais
la paix qui est l’usine d’une nouvelle société
congolaise.
C’est
notre grande ambition. Et nous allons la
réussir.
D.C
D.C
D.C
Vous, militantes et militants, je veux que vous soyez maîtres de
votre destin.
Les
grandes décisions politiques de la D.C.
nous les prendrons ensemble.
Nous
confierons des responsabilités non pas
à ceux qui estiment y avoir droit, non pas à ceux qui
représentent une tendance, une association ou bien une tribu…
Nous
les confierons à ceux qui ont le plus envie de faire, à
ceux qui sont prêts à s’y consacrer pleinement,
totalement, à ceux qui ont encore suffisamment d’ardeur pour
mener le combat contre tous les immobilismes, avec
générosité et sans compter les minutes qu’ils
dédient à notre cause commune.
Nous
allons proposer de choisir nos candidats pour les législatives,
les municipales et les présidentielles selon
ces critères, afin que nous soyons prêts pour les
élections de 2006.
La
vie politique doit cesser d'être un monument d'ennui, de
conformisme, et finalement d'immobilisme. N'ayez pas peur des
idées nouvelles. C'est vers l'avenir qu'il faut se tourner, pas
vers le passé, car le Congo Démocratique est un pays
d’avenir.
Pourquoi
avons-nous posé ce Congrès sous le signe de la générosité ?
Parce que nous devons appliquer partout le principe de la
générosité, qui signifie accepter de faire une
place à chacun sur la base de son mérite.
Générosité,
c'est s'engager sans compter.
La
politique n'est pas faite pour ceux qui sont avares de leur temps, de
leur enthousiasme, de leur énergie.
Générosité,
c’est enfin retrouver l’esprit d’équipe, et l’envie de jouer
collectif, un peu comme dans le football…
Mes
chers amis,
Frères
et sœurs de la grande famille de la Démocratie
Chrétienne,
C'est une nouvelle, une belle, une grande histoire qui se construit
à partir d'aujourd'hui, dans cette majestueuse Salle des
Congrès, qui n’a pas été bâtie par une
puissance étrangère ni grâce à l’aide de qui
que se soit : elle est l’œuvre du travail de fourmis et de
l’épargne de milliers d’hommes et femmes congolaises.
Peu
importe ce que vous avez fait dans le passé. Peu importe votre
ancienneté dans l'engagement politique, car la seule chose qui
compte désormais à mes yeux, c'est qu'au-delà de
nos différences nous posions les bases d'une unité solide.
Ensemble
« rien » ne nous résistera.
Séparés, un « rien » nous
emportera !
Travaillons tous ensemble pour construire. Tous ensemble et unis
à l'intérieur de notre parti, mais aussi au-delà, avec
ceux qui partagent notre vision de l’avenir du Congo.
Tous
ensemble, pour faire du Congrès de la D.C.
un grand succès.
L'échec
des uns n'a jamais permis le succès des autres.
Et
le moment venu, ce congrès soutiendra à la
présidentielle de 2006, celui qui saura le mieux nous rassembler
et réaliser notre vision de la
société congolaise.

D.C
D.C
D.C
Cette
énergie qui nous anime aujourd'hui dans la majestueuse Salle des
Congrès à Kasa-Vubu, nous allons la faire partager par le
Congo.
Ensemble, nous allons faire de la Démocratie
Chrétienne
le grand parti populaire dont nous tous avons rêvé.
Oui,
nous devons y croire !
Mes amis, un nouvel horizon est devant nous, c'est maintenant qu'il
faut faire de nos rêves une réalité !
Oui, nous irons
jusqu’au bout de nos efforts et de nos idéaux, sans brûler
les étapes, mais avec un dynamisme soutenu.
Osons la
démocratie, et déverrouillons-la !
Osons le respect, la
mémoire de nos racines
et l’affirmation claire de notre identité !
Osons le risque et
l’entreprise, la liberté et la
responsabilité !
Osons notre
éthique et notre idéal d’inspiration chrétienne !
Osons le courage de nos
convictions !
Osons rêver !
Et
que vive le Congo que nous aimons et qui nous a vu naître !
Et que vive la D.C. !
Et que Dieu
bénisse le Congrès de
la Démocratie
Chrétienne et tous
ses congressistes.
Je déclare
ouvert le premier Congrès de la DEMOCRATIE CHRETIENNE,
Je vous remercie
Eugène DIOMI
NDONGALA,
PRESIDENT
NATIONAL |